SMIC : à combien s’élève le salaire minimum au Canada en 2026 ?

Salaire minimum, inflation, loyers : découvrez la réalité des Canadiens face à un revenu souvent trop faible.

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Le Canada entre dans 2026 avec une cartographie salariale éclatée. Treize juridictions, treize salaires minimums. Et des écarts qui ne cessent de se creuser, sur fond de hausses de prix inégales selon les secteurs. Résultat : un salaire plancher qui peine de plus en plus à suivre la cadence du coût de la vie.

Un salaire minimum très variable selon les régions

En tête, le Nunavut affiche un taux de 19,75 CAD (12,25 EUR) de l’heure depuis septembre. Loin derrière, l’Alberta campe sur ses positions : 15,00 CAD (9,30 EUR) de l’heure, gelé depuis octobre 2018. Pas d’indexation, pas de révision. Une stagnation revendiquée par le gouvernement provincial, au nom de la compétitivité et de l’emploi des jeunes.

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Entre les deux, un éventail large. Le Yukon à 17,94 CAD (11,12 EUR), la Colombie-Britannique à 17,85 CAD (11,07 EUR). L’Ontario suit avec 17,60 CAD (10,91 EUR), ajusté automatiquement à l’inflation. Le Québec, lui, plafonne à 16,10 CAD (9,98 EUR) depuis mai 2025. Septième rang sur dix provinces, dixième si l’on inclut les territoires. Et ce malgré une progression de +34,2 % depuis 2019. L’inflation, sur la même période, a atteint +25 %. Le gain réel existe, mais il reste modeste face aux exigences d’un revenu réellement viable.

Le logement se détend, mais reste hors de portée

Les loyers montrent des signes de repli en cette fin d’année 2025. Le logement moyen se négocie désormais à 2 074 CAD (1 286 EUR) mensuels, en baisse de –5,7 % sur un an. Les petites surfaces concentrent le recul : –3,1 % pour les studios (1 580 CAD980 EUR), –3,8 % pour les logements d’une chambre (1 811 CAD1 123 EUR). Le mouvement est particulièrement visible en Colombie-Britannique (–6,4 %), Alberta (–4,3 %) et Ontario (–3,5 %). Les grandes unités résistent davantage, avec même une légère hausse pour les trois chambres (+0,4 %) à 2 503 CAD (1 552 EUR).

Sur les étals, les prix restent orientés à la hausse. Le rapport annuel sur les prix alimentaires prévoit une augmentation de +4 à +6 % en 2026, avec le Québec au-dessus de la moyenne. Pour une famille de quatre, la facture grimpe à 17 572 CAD (10 895 EUR), soit près de 995 CAD (617 EUR) de plus que l’année précédente. Les viandes tirent le panier vers le haut, le bœuf en particulier. Après une flambée de +19 % au premier trimestre 2025, la hausse annuelle s’établit à +9 %. En cinq ans, les prix alimentaires ont bondi de +27 %.

Salaire minimum et seuils sociaux : un fossé persistant

Le carburant suit une trajectoire inverse. En décembre 2025, le litre se vendait en moyenne à 0,93 USD, contre 1,03 USD en novembre. Au Québec, on relevait 140,5 cents CAD (0,87 EUR) par litre début janvier, pour un prix à la rampe de 82,7 cents CAD (0,51 EUR). Les projections annoncent un retour progressif vers 1,18 USD en 2026, puis 1,24 USD en 2027.

La Mesure du panier de consommation (MPC) fixe le seuil de pauvreté officiel. Au Québec, il est estimé à 23 045 CAD (14 288 EUR) pour une personne seule, 46 089 CAD (28 573 EUR) pour une famille de quatre. À Montréal, le seuil monte à 26 155 CAD (16 216 EUR) en 2025. Mais l’IRIS pousse plus loin, avec l’indicateur de revenu viable : 40 084 CAD (24 852 EUR) pour une personne seule à Montréal, 85 200 CAD (52 824 EUR) pour un couple avec deux enfants. Des écarts régionaux notables : Trois-Rivières à 31 696 CAD (19 651 EUR), Sept-Îles à 42 884 CAD (26 588 EUR).

Avec 16,10 CAD (9,98 EUR) de l’heure, un salarié à temps plein touche 29 302 CAD (18 167 EUR) par an (35 heures), 33 488 CAD (20 763 EUR) à 40 heures. Suffisant pour dépasser la MPC, insuffisant pour atteindre le revenu viable. Il faudrait, selon les calculs, un salaire de plus de 28,00 CAD (17,36 EUR) de l’heure pour y parvenir.

Partout au pays, l’indexation au coût de la vie devient la norme. Québec révise le 1er mai, Ontario, Manitoba et Saskatchewan le 1er octobre, d’autres le 1er avril. Le fédéral applique depuis 2021 un salaire minimum spécifique à ses juridictions, actuellement fixé à 17,75 CAD (11,01 EUR), ou au salaire provincial si celui-ci est supérieur. Seule l’Alberta reste figée.

Le salaire minimum n’est plus un filet de sécurité : il devient un point de départ déconnecté. Les écarts territoriaux, l’évolution différenciée des dépenses, la montée des exigences de base rendent l’outil moins opérant. La mécanique d’ajustement reste en place, mais elle court après une réalité économique qui change plus vite que les calendriers législatifs.



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