SMIC : à combien s’élève le salaire minimum en Irlande en 2026 ?

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Le 1er janvier 2026, le salaire minimum irlandais a été relevé à 14,15 € de l’heure. La hausse, de 0,65 €, porte l’augmentation à 4,8 % et s’inscrit dans le cadre du Budget 2026. Pour les salariés concernés, la question centrale reste ce que ce niveau de revenu permet réellement de couvrir face au coût de la vie.

Le passage de 13,50 € à 14,15 € de l’heure constitue une revalorisation de 0,65 €, soit 4,8 %, appliquée au 1er janvier 2026, après des recommandations formulées par la Low Pay Commission dans le cadre du Budget 2026. Pour un emploi à temps plein basé sur 39 heures hebdomadaires, standard dans la plupart des contrats en Irlande, l’augmentation correspond à un gain de 25,35 € par semaine. Sur un an, cela représente environ 1 318 € bruts supplémentaires. Sur la même base de 39 heures, le salaire minimum brut mensuel atteint désormais environ 2 370 €.

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Cette progression s’inscrit dans la transition vers un “National Living Wage” aligné sur 60 % du salaire horaire médian, en cohérence avec la directive européenne 2022/2041. Le taux de 14,15 € correspond à l’objectif fixé par le gouvernement irlandais pour 2026. Le dispositif reste toutefois différencié selon l’âge : les moins de 18 ans perçoivent 9,91 € de l’heure, soit 70 % du taux adulte ; à 18 ans, le taux est de 11,32 €, soit 80 % ; à 19 ans, 12,74 €, soit 90 %. Le taux plein de 14,15 € s’applique aux salariés de 20 ans et plus. Dans le cadre de la réforme du Living Wage, ces taux minorés pour les jeunes sont appelés à disparaître.

Ce que ça donne sur la fiche de paie

Après prélèvements fiscaux et sociaux, un emploi à temps plein au salaire minimum génère un revenu net mensuel estimé autour de 1 900 €. Les travailleurs concernés bénéficient d’allègements sur l’Universal Social Charge (USC), la taxe sociale irlandaise sur le revenu. Dans le Budget 2026, le plafond d’exonération de l’USC a été relevé à 28 700 € annuels, afin que les salariés à temps plein au salaire minimum restent hors des tranches supérieures de l’USC. En 2026, l’USC s’applique à 0,5 % sur les revenus jusqu’à 12 012 €, à 2 % sur la tranche de 12 012,01 € à 28 700 €, à 3 % entre 28 700,01 € et 70 044 €, puis à 8 % au-delà.

Pouvoir d’achat : le Living Wage en point de mire

Malgré la revalorisation, le minimum légal de 14,15 € demeure inférieur au Living Wage calculé pour 2025-2026 à 15,40 € de l’heure, soit 1,90 € de plus. Ce Living Wage est présenté comme le revenu horaire minimal requis pour qu’un adulte seul travaillant à temps plein puisse se permettre un niveau de vie socialement acceptable en Irlande, couvrant l’alimentation, le logement, l’énergie, les transports et les besoins essentiels. Son calcul repose sur la méthodologie des “budget standards” du Vincentian MESL Research Centre et sur le coût réel des dépenses incompressibles. Entre 2024-2025 et 2025-2026, ce taux a augmenté de 0,65 €, soit 4,4 %, hausse attribuée à la progression du coût de la vie.

Le logement constitue le principal moteur de cette pression. Sur un an, les coûts de vie minimum pour un adulte actif célibataire ont progressé de 5,8 %, les loyers représentant les deux tiers de cette hausse, avec une augmentation de près de 20 € par semaine, soit 9,3 %. Les prix de l’alimentation, de l’énergie domestique et des assurances ont contribué ensemble à un cinquième supplémentaire de la croissance du coût de la vie. Depuis 2020, le coût de la vie pour un adulte actif célibataire a bondi de plus de 120 € par semaine, soit +29 %.

Sur le marché locatif, les tensions restent extrêmes. En janvier 2026, le loyer moyen d’un studio à Dublin est à 1 520 € par mois ; un appartement d’une chambre atteint 1 920 € en moyenne, jusqu’à 2 500-2 540 € en centre-ville ; un deux-pièces se situe autour de 2 490 € mensuels. En banlieue dublinoise, le loyer moyen d’un studio dépasse 1 333 € mensuels, indiqué comme 120 % de plus qu’en France ; un appartement en centre-ville est donné à 2 574 € par mois, soit 83 % au-dessus des tarifs français moyens. À l’échelle nationale, la moyenne des loyers a franchi pour la première fois la barre des 2 000 € en 2025. La pénurie de biens disponibles aggrave la situation : en novembre 2025, seuls 1 901 logements étaient proposés à la location dans tout le pays. Côté achat, l’indice des prix de l’immobilier résidentiel a augmenté de 7,3 % en glissement annuel en octobre 2025, avec +5,4 % à Dublin et +8,9 % dans le reste du pays.

L’alimentation pèse aussi sur les budgets modestes. L’inflation alimentaire s’établit à 4,3 % en novembre 2025 par rapport à l’année précédente. Des prix sont cités pour des produits de base : lait à 1,56 € le litre, riz à 1,71 € le kilo, une douzaine d’œufs à 3,73 €, pain blanc à environ 3,74 € le kilo, bœuf à 12,61 € le kilo, poulet à 10,94 € le kilo. Le budget mensuel de courses pour une personne oscille entre 350 € et 550 €, avec la mention que des enseignes discount comme Lidl et Aldi permettent de réaliser des économies. L’Irlande est classée au sixième rang des pays européens les plus chers pour l’alimentation en 2024, avec des prix supérieurs de 11,9 % à la moyenne de l’Union européenne.

Le coût de l’énergie domestique reste élevé. Le prix de l’électricité pour les ménages est donné à 0,394 € par kilowattheure en mars 2025, avec une valeur de 0,3736 € par kWh indiquée dans des données 2026. À Dublin, les charges mensuelles moyennes pour le logement s’élèvent à 212,62 €. Le prix de l’essence est à 1,735 € le litre en janvier 2026.

L’inflation globale suit une trajectoire ascendante en 2025 : 1,9 % en janvier, autour de 2 % pendant la majeure partie de l’année, 2,7 % en septembre, puis un pic à 3,2 % en novembre 2025. Entre janvier et novembre 2025, les prix alimentaires ont progressé de 3,8 %, les coûts énergétiques de 2,6 %, les tarifs des restaurants et cafés de 3,0 %, les loyers de 2,4 %. Des hausses marquées sont relevées sur des produits alimentaires : le kilo de steak de bœuf augmente de 5,06 € par rapport à novembre 2024, le cheddar irlandais de 62 centimes, le beurre de 55 centimes, le lait entier de 11 centimes.

Ce que disent les indicateurs sociaux et européens

Les indicateurs sociaux décrivent des fragilités. Une enquête SILC portant sur 2024 situe le taux de risque de pauvreté à 11,7 % de la population, soit plus de 618 000 personnes, en hausse par rapport à 10,6 % en 2023. Sans des aides temporaires liées au coût de la vie, telles que crédits énergétiques et paiements forfaitaires aux bénéficiaires sociaux, ce taux aurait atteint 14,1 %. Le seuil de risque de pauvreté, fixé à 60 % du revenu médian, se situe juste en dessous de 18 000 € annuels, soit 344,92 € par semaine, en hausse de 27,60 € par rapport à 2023.

La pauvreté persistante progresse à 5,0 % en 2024 contre 3,6 % en 2023, soit plus de 264 000 personnes, avec la mention qu’il s’agit du taux le plus élevé depuis 2019. Chez les enfants, le taux de pauvreté persistante passe de 4,8 % en 2023 à 8,5 % en 2024, et les enfants représentent près de quatre personnes sur dix parmi l’ensemble des individus en situation de pauvreté persistante. Le taux de privation matérielle est à 15,7 % en 2024, en baisse par rapport à 17,3 % en 2023. En 2025, 15,7 % des personnes ne pouvaient pas se permettre de remplacer des meubles usés, 10,3 % ne pouvaient s’offrir une sortie durant les deux semaines précédentes, 7,4 % avaient dû se passer de chauffage à un moment donné au cours des douze derniers mois.

Le phénomène des travailleurs pauvres reste signalé comme préoccupant : environ 140 000 personnes en emploi vivent sous le seuil de pauvreté, soit 6 % des actifs occupés. Les groupes les plus vulnérables mentionnés incluent les familles monoparentales, avec des taux de pauvreté et de privation de 44,5 % et 46,3 %, les chômeurs avec un risque de pauvreté de 34,1 %, les personnes dans l’incapacité de travailler en raison de problèmes de santé de longue durée avec un taux de 32,5 %, et les enfants avec un risque de pauvreté de 15,3 %. Plus de 106 000 retraités vivent dans la pauvreté, chiffre présenté comme une augmentation de 64 % en un an.

Les aides temporaires mises en place entre 2021 et 2023, dont le Pandemic Unemployment Payment pendant la pandémie de Covid-19, ainsi que des crédits énergétiques et versements forfaitaires durant la crise du coût de la vie, sont décrites comme déterminantes pour limiter la hausse du risque de pauvreté. Sans ces interventions, le taux de risque de pauvreté aurait atteint 13,0 % en 2022 et 14,1 % en 2023, au lieu de 10,6 % et 11,7 %. Le fait que le Budget 2026 n’inclue pas de mesures similaires est présenté comme source de sérieuses inquiétudes quant à une détérioration possible de la situation des ménages vulnérables. En 2025, environ 440 000 ménages étaient en retard de paiement sur leurs factures d’énergie.

La mise en perspective internationale rappelle qu’en Irlande, le salaire moyen net mensuel est donné à 2 954 €, soit 24 % de plus que celui de la France. Le pays est classé troisième dans l’Union européenne pour le montant brut du salaire minimum, derrière le Luxembourg à 2 704 € mensuels et les Pays-Bas à 2 506 €, devant l’Allemagne à 2 221 €, la Belgique à 2 112 € et la France à 1 802 € pour un temps plein. Une correction par le standard de pouvoir d’achat réduit cet avantage relatif. Le salaire minimum irlandais représente 45 % du salaire médian, ratio indiqué comme inférieur à 50 %.

Sur le plan macroéconomique, l’Irlande affiche un taux de croissance moyen de 5,5 % ces dernières années et un taux de chômage de 4,3 % en 2023. L’espérance de vie atteint 82,3 ans. Le coefficient de Gini est décrit comme stable autour de 0,3 depuis près de 35 ans après redistribution fiscale et sociale, tandis que des disparités régionales sont mentionnées, les zones rurales et côtières recevant une attention et une allocation de ressources jugées insuffisantes par rapport aux zones urbaines.



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