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Un rideau baissé. C’est tout ce qu’il reste de Dogan Voyages, agence lyonnaise installée depuis 1992. Fin décembre, l’entreprise a brutalement annoncé l’annulation de tous ses départs, sans autre explication. Depuis, les témoignages affluent. Des couples évoquent des pertes de 5 000 euros, d’autres parlent de dizaines de milliers d’euros. Aucun client ne semble avoir reçu de réponse.
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Dogan Voyages n’était pas un acteur marginal. Vingt salariés, quatre agences en France, des antennes en Belgique et en Allemagne, et surtout une place solide sur le marché du pèlerinage à la Mecque, estimé à 150 millions d’euros par an en France. Le 31 décembre, tout s’arrête. Locaux fermés, site internet hors service, téléphones silencieux. Certains clients ont envoyé des lettres recommandées. Sans retour. Des mises en demeure sont déjà parties.
Une annonce sur Facebook, puis le silence
Le 31 décembre, l’agence publie un court communiqué sur Facebook : “circonstances exceptionnelles”, “mobilisation”, “travail avec les instances compétentes”, promesse d’un suivi téléphonique. Les clients ont surtout vu un écran noir. Dogan dément dans le même message toute implication dans une affaire évoquée par Saudi News sur le blocage d’une agence française. “Cette communication ne concerne pas Dogan Voyages”, écrit la direction. Mais sur le terrain, personne ne décroche. L’écart entre le discours officiel et la réalité sur le terrain aggrave la méfiance.
Clients furieux, groupes WhatsApp en cascade, menaces de plaintes. Certains affirment avoir tout payé sans recevoir la moindre information. Des signalements ont été adressés à la DGCCRF. D’autres s’interrogent, rappellent les trente années d’activité de l’agence, envisagent une procédure collective. Mais pour l’heure, aucun redressement ni liquidation judiciaire n’apparaît sur InfoGreffe. Les rumeurs de faillite ne reposent sur aucun document officiel.
Employés aussi surpris que les clients
Selon Le Progrès, même les salariés n’auraient rien vu venir. Avant les vacances de Noël, le discours était rassurant. Le choc semble donc avoir été brutal, y compris en interne.
L’Association professionnelle de solidarité du tourisme, censée garantir les clients, garde le silence. Aucune procédure de remboursement en cours, aucune date annoncée. Or, sans procédure collective reconnue, l’APST ne peut rien faire. L’article R. 211-34 du Code du tourisme fixe un délai de trois mois après la radiation de l’agence pour déclarer sa créance. Passé ce délai, plus de remboursement possible.
Des comptes dans le vert
Les derniers comptes déposés n’indiquaient aucune alerte. Résultat net : 853 593 euros en 2023, en hausse de 21 % sur un an. Rien qui laissait présager un arrêt aussi sec.
Le tourisme français reste sous pression. En 2025, les défaillances d’entreprises ont atteint 68 500 cas, un record. +23 % par rapport à la période pré-Covid. Transport, hôtellerie et agences de voyage en première ligne.
Pratique : les démarches à entreprendre
Documents à réunir :
– Contrat de voyage signé
– Factures et preuves de paiement
– Échanges avec l’agence (mails, courriers)
– Preuve d’annulation
Démarches immédiates :
– SignalConso (signal.conso.gouv.fr)
– Chargeback bancaire (si carte)
– Litige PayPal (si paiement via la plateforme)
– Conserver tous les justificatifs
Attention au calendrier :
Si Dogan Voyages est officiellement radiée et que l’APST ouvre un dossier, les clients auront 3 mois pour se manifester. Pas un jour de plus.


