Rafale F5 : les détails du futur avion de combat français

Le Rafale F5, nouvelle version du chasseur français, promet une avancée majeure d’ici 2035. Voici les principales innovations.

Afficher le sommaire Masquer le sommaire

Le Rafale s’apprête à passer un cap. À l’horizon 2030, l’armée française attend l’arrivée du standard F5, présenté comme une rupture technologique. Le ministre des Armées Sébastien Lecornu parle d’une révolution comparable au passage du Mirage 2000-N au premier Rafale. L’objectif est clair : garder une longueur d’avance dans le ciel.

A LIRE AUSSI
Le Rafale face à ses rivaux : comparatif détaillé

Calendrier et ambitions élargies pour l’armée française

Les premières commandes ont été passées avant octobre 2024, avec une enveloppe de 318 millions d’euros dédiée à la levée de risques sur les technologies clés. Le lancement industriel est prévu pour septembre 2025. Le projet de loi de finances pour 2026 inscrit 1,5 milliard d’euros pour les développements des standards F4 et F5. La cible française grimpe à 285 Rafale d’ici 2035, contre 225 auparavant. L’entrée en service du F5 est prévue en deux temps : capacité opérationnelle initiale en 2033, pleine capacité en 2035. Une sixième tranche de production doit être notifiée en 2029, avec 45 avions, dont 12 pour la Marine. La production démarrera en 2026, pour une première livraison en 2033.

Le Rafale devient un nœud du combat connecté

Le cœur de la transformation se joue dans la connectivité. Le Rafale F5 sera le premier chasseur français de « deuxième génération connectée », capable d’échanger en temps réel avec d’autres capteurs ou effecteurs, au sol, en vol ou en orbite. L’interopérabilité visée inclut les programmes britanniques, japonais et italiens du GCAP, mais aussi les Gripen et F-35.
L’ambition affichée est d’assurer une transition vers le futur SCAF. L’intelligence artificielle embarquée, développée par Dassault et Thales, servira à la fusion de données multi-capteurs, à la gestion des alarmes et à la conduite de drones. Elle doit transformer le Rafale en copilote numérique, sans évincer le pilote humain.

Autre pilier du standard F5 : l’arrivée d’un drone de combat furtif, dérivé du démonstrateur nEUROn, de la taille d’un Mirage 2000 et équipé du moteur M88. Il volera en avant du Rafale, guidé depuis le cockpit, avec une IA embarquée pour la reconnaissance et le combat. Premier vol visé avant 2033.

Capteurs nouvelle génération et traitement de masse

Côté capteurs, le radar RBE2 XG exploitera le nitrure de gallium pour offrir une portée de détection accrue de 50 à 70 %, une résolution supérieure de 70 %, et une meilleure résistance au brouillage. Il permettra aussi des attaques électroniques dans les bandes X, Ku et K, redonnant au Rafale des capacités SEAD/DEAD perdues avec la fin du missile AS-37 MARTEL.

Le système de guerre électronique SPECTRA passera à une détection tout numérique, avec apprentissage automatique et restitution d’informations optimisée grâce à l’IA. Les calculateurs devront digérer jusqu’à 1 téraoctet de données par seconde. L’optronique secteur frontal (OSF), dans sa version « Silent Killer », portera au-delà de 100 km, suffisant pour engager une cible au missile Mica-NG sans activer le radar, et capable de suivre des avions furtifs.

Un moteur M88 T-REX plus puissant et plus chaud

Le moteur M88 évoluera aussi. Le T-REX, en développement chez Safran depuis juin 2025, visera une poussée de 9 tonnes avec postcombustion (+20 %). Les travaux portent sur un compresseur basse pression repensé, une turbine haute pression en superalliages, un refroidissement de nouvelle génération et une tuyère à l’aérodynamique optimisée. Safran teste ces éléments à Saclay, avec une cible thermique de 2100 Kelvin. Une décision de production est attendue fin 2025.

L’autonomie sera renforcée par deux réservoirs conformes de 1150 litres chacun (CFT), positionnés au-dessus du fuselage arrière. Ils permettraient d’augmenter la capacité de carburant à 6 tonnes sans emport pendulaire, contre 4,7 tonnes actuellement, avec un impact minimal sur la signature radar. Les essais des années 2000 sur le prototype B01 sont réexploités, et une décision de production est également attendue pour fin 2025.

Une nouvelle génération de missiles à très longue portée

L’armement entre dans une nouvelle ère. Le missile ASN4G succèdera à l’ASMPA : un missile nucléaire hypersonique, Mach 6 à 7, doté d’un scramjet et capable de manœuvres complexes pour percer les défenses avancées. Portée au-delà de 1000 km, tête nucléaire TNA de 300 kilotonnes, mise en service prévue pour 2035. Pour les missions SEAD/DEAD, le RJ10, version antiradar du Smart Cruiser, visera des vitesses entre Mach 3 et Mach 5 à l’horizon 2035. Le programme AASF dispose de 41,9 millions d’euros entre 2024 et 2027.
Le Rafale F5 pourra emporter jusqu’à 18 missiles Smart Cruiser en trois nacelles hexalaunchers, pour des frappes en essaim. L’AASM XLR, bombe guidée de très longue portée (150 km+), bénéficiera de la connectivité du F5 pour un guidage adaptatif en vol.

L’Inde s’impose comme client clé du Rafale

À l’export, l’Inde accélère. En septembre 2025, New Delhi recommande l’achat de 114 Rafale F4 pour 18,9 milliards d’euros, avec 60 % de production locale à Nagpur. Fin novembre, le ministère des Armées confirme l’intérêt indien pour 24 Rafale F5, avec une signature attendue en janvier 2026. À terme, avec les 36 Rafale déjà livrés, les 26 Rafale Marine commandés en avril 2025 et ces nouvelles commandes, l’Inde pourrait devenir le premier utilisateur mondial du Rafale hors de France avec 176 appareils.



L'Essentiel de l'Éco est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Publiez un commentaire

Publier un commentaire