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Pas de salaire minimum légal pour les expatriés à Dubaï, mais un plancher relevé pour les nationaux. Depuis le 1er janvier 2026, les Émiratis employés dans le secteur privé doivent percevoir au moins 6 000 AED (1 380 €) par mois, contre 5 000 AED (1 150 €) précédemment. Les employeurs ont jusqu’au 30 juin pour ajuster les contrats, faute de quoi leurs demandes de permis de travail peuvent être bloquées automatiquement. Le signal est clair : priorité à l’emploi local.
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Des seuils indicatifs pour les expatriés
Pour les expatriés, qui composent près de 90 % de la population active, aucun salaire minimum officiel. Mais le ministère des Ressources humaines et de l’Émiratisation (MoHRE) impose des seuils indicatifs dans les procédures administratives. Trois catégories sont définies : 12 000 AED (2 760 €) pour les diplômés universitaires, 7 000 AED (1 610 €) pour les techniciens et professionnels, 5 000 AED (1 150 €) pour les ouvriers qualifiés. En dessous de ces seuils, un salarié peut perdre certains droits, notamment celui de faire venir sa famille ou d’être considéré comme travailleur qualifié.
Dans les métiers peu qualifiés, les salaires chutent, compensés partiellement par des avantages en nature. Les travailleurs domestiques originaires des Philippines gagnent entre 1 500 et 2 500 AED (345 à 575 €) par mois. Ceux venus d’Inde, du Pakistan ou du Bangladesh touchent entre 1 200 et 1 800 AED (276 à 414 €). Les ouvriers non qualifiés perçoivent entre 1 000 et 2 000 AED (230 à 460 €), avec logement, nourriture et soins médicaux pris en charge par l’employeur. De quoi transformer ces salaires faibles en capacité d’épargne.
Un marché aux écarts vertigineux
Le contraste est brutal avec le reste du marché. Le salaire moyen à Dubaï tourne autour de 15 000 AED (3 450 €), avec des écarts vertigineux selon les secteurs. Dans la finance, un analyste peut espérer jusqu’à 10 000 € mensuels. Un ingénieur débutant touche 5 000 €, un profil senior entre 7 000 et 11 000 €. En tech, un développeur junior est rémunéré entre 4 000 et 5 000 € ; un senior monte à 8 000 ou 10 000 €. Les freelances peuvent atteindre 18 500 € mensuels. Les médecins dépassent les 10 000 €, les dentistes 12 000 €.
Les salaires nets sont intégralement perçus, faute d’impôt sur le revenu. Les packages incluent souvent logement, billets d’avion et bonus généreux. Emirates a versé en 2025 un bonus de 22 semaines de salaire, soit près de 42 % de la rémunération annuelle.
Un coût de la vie tiré par le logement
Mais les dépenses suivent. Le logement reste la première charge. Un studio à Downtown Dubai se loue entre 5 000 et 11 667 AED (1 150 à 2 683 €) par mois. Une chambre à Dubai Marina varie entre 6 667 et 12 500 AED (1 533 à 2 875 €). Dans les zones plus abordables comme Silicon Oasis, les loyers tombent à 2 917 AED (671 €). Al Warsan ou Dubai South proposent des studios à partir de 27 500 AED (6 325 €) par an. Les dépenses alimentaires oscillent entre 1 500 et 2 500 AED (345 à 575 €) pour une personne seule. Les transports publics sont bon marché, tout comme l’essence (2,50 AED, soit 0,58 € le litre).
Assurance, santé, éducation : les postes sensibles
L’assurance santé est obligatoire, avec des niveaux de couverture très variables. Une formule minimale coûte 320 AED (73,60 €) par an, une assurance internationale complète monte à 5 000 €. Une consultation chez un généraliste privé s’élève entre 250 et 500 AED (57,50 à 115 €). La scolarité internationale pèse lourd : entre 32 000 et 84 000 AED (7 360 à 19 320 €) par an selon les établissements. Les écoles indiennes restent une exception à bas coût, dès 5 276 AED (1 213 €) par an.
Les budgets mensuels minimaux sont clairs : 12 000 à 14 000 AED (2 760 à 3 220 €) pour une personne seule. Pour une vie sans restrictions, il faut viser 18 000 à 20 000 AED (4 140 à 4 600 €). Un couple sans enfants, 16 000 à 22 000 AED (3 680 à 5 060 €). Une personne seule avec un enfant atteint 25 000 AED (5 750 €). Une famille de quatre dépasse 45 000 AED (10 350 €).
Le coût de la vie reste inférieur de 5,9 % à celui de la France, avec un pouvoir d’achat supérieur de 18,7 %. Mais les écarts salariaux à Dubaï tiennent moins de l’économie que de la géographie sociale.


