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SMIC en ligne de mire, tensions de recrutement en toile de fond : en 2026, les salaires du tourisme avancent par à-coups, sous la pression de l’inflation et de la concurrence entre employeurs. Les grilles varient, les écarts persistent, les conventions collectives font foi.
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Dans les organismes de tourisme (CCN IDCC 1909), la valeur du point est fixée à 1,2546 € depuis le 1er mars 2025, après une hausse de 2 %. Les salaires bruts mensuels s’échelonnent de 1 844,26 € à 4 239,29 € pour 35 heures. Dans l’hôtellerie-restauration (HCR), le SMIC revalorisé à 12,02 € de l’heure (1 823,03 € mensuels) dépasse désormais le minimum conventionnel du niveau I échelon 1 (12 €/h). Résultat : le SMIC s’applique de facto au bas de l’échelle.
Du bagagiste au directeur d’hôtel
À l’accueil, les réceptionnistes touchent en moyenne 2 067 € bruts par mois. Les débutants naviguent entre 26 000 et 27 000 € annuels ; les confirmés montent à 29 000 €. Les directeurs d’hôtel débutent autour de 2 500 à 3 500 € bruts mensuels dans les petites structures. L’expérience fait la différence : entre 4 000 et 6 000 € pour 5 à 10 ans de pratique. Dans le luxe, les pointes dépassent les 15 000 € ; certains postes premium, à l’international, flirtent avec les 20 000 € nets, logement inclus.
Les directeurs d’exploitation suivent la même courbe : 55 000 € en 2025, plus de 70 000 € bruts annuels en 2026. Les night auditors sont à 2 172 € bruts mensuels. En conciergerie de luxe, la base nette tourne autour de 2 000 € mensuels, mais les pourboires bouleversent l’équation : jusqu’à 8 000 à 10 000 € en cumulé certains mois, avec des pointes unitaires à 3 000 €. Les assistants démarrent à 24 000 € bruts annuels, progressent vers 38 000 €, et atteignent 45 000 € dans les grands palaces.
Aux étages, les gouvernantes commencent au SMIC hôtelier : 1 804 € bruts sans indemnité repas, 1 955 € avec. Des repères plus récents donnent une moyenne de 2 800 € nets par mois. Les gouvernants généraux montent à 40 000 € annuels. Les bagagistes tournent entre 1 420 € nets et 2 050 € bruts selon l’expérience. Les femmes de chambre et valets sont à 12,16 € de l’heure, soit entre 18 000 et 25 000 € bruts annuels. En CDI, certains salaires affichent 1 610 € nets par mois.
En cuisine, la tension monte aussi
Un chef titulaire d’un Bac Pro Cuisine démarre à 2 070 € bruts. En Bac+3, le plafond grimpe à 4 095 €. Dans un restaurant traditionnel, les chefs gagnent entre 2 800 et 3 200 € ; dans un étoilé, jusqu’à 8 000 €. Le coût employeur moyen dépasse 54 000 € annuels. Les sous-chefs sont à 2 300 € nets pour 39 heures. Les chefs de partie avoisinent les 2 000 € nets, avec des minima à 2 249 € bruts dans le Grand Est.
Les commis de cuisine débutants restent au SMIC hôtelier : entre 1 583 et 1 792 € bruts mensuels. Avec 2 à 5 ans d’expérience, le brut monte à 2 150 €, puis à 2 400 € pour les profils expérimentés. Le net débutant va de 1 375 à 1 466 € ; la moyenne nationale est à 1 962 € bruts. Dans le Grand Est, le plancher reste fixé à 1 820 € bruts.
Côté pâtisserie, les chefs débutent entre 2 000 et 2 500 € bruts mensuels, avec des pointes à 5 000 €. Les pâtissiers salariés gagnent environ 1 950 € bruts par mois. Le net médian débutant est autour de 1 500 €. En restauration collective, le démarrage est à 1 800 €, puis 2 500 € pour les confirmés.
En salle, les serveurs débutants sont entre 1 850 et 2 050 € bruts mensuels. Les confirmés dépassent 2 000 € nets pour 39 heures. En gastronomie, les pourboires s’ajoutent : jusqu’à 500 € dans les établissements haut de gamme. Les chefs de rang vont de 2 100 à 3 000 € bruts mensuels ; les profils confirmés sont à 2 200 € nets pour 39 heures. Le coût employeur moyen atteint 47 520 € annuels.
Au bar, les barmans sont à 1 950–2 300 € bruts, jusqu’à 3 200 € dans le haut de gamme. Les maîtres d’hôtel du Grand Est sont à 2 477 € bruts mensuels. Les plongeurs, souvent en fin de chaîne, se situent autour de 1 752 € nets mensuels, avec un départ à 1 600 € bruts.
Agences et animation : précarité structurelle
Les agents de voyages affichent une moyenne à 1 753 € bruts par mois. 80 % des offres sont entre 1 749 et 2 167 €. Les CDI se stabilisent autour de 1 820 €. Talent.com avance une moyenne annuelle à 41 000 € bruts, avec un démarrage à 34 808 €.
Les guides touristiques se situent entre 1 600 et 2 200 € nets mensuels. Lors des déplacements, l’employeur prend en charge le logement. Les coordinateurs de séjours tournent autour de 1 900 € bruts. Dans l’animation, les salaires restent proches du SMIC : autour de 1 300 € bruts mensuels, nourri, logé, blanchi. Les contrats sont souvent saisonniers.
Réforme en vue pour les animateurs sous Contrat d’Engagement Éducatif : depuis mai 2025, le minimum passe à 52 € par jour, soit 1 560 € bruts pour 30 jours, dans la limite de 80 jours par an.
Paris paie mieux, les pourboires complètent
Paris et les grandes métropoles paient 20 à 30 % de plus que la moyenne nationale. L’écart se creuse entre petites structures familiales et établissements de luxe. Les repas fournis en hôtellerie-restauration, base de l’avantage en nature, ne sont pas toujours comptabilisés dans les montants bruts : ils s’appuient sur un minimum garanti de 4,25 € depuis janvier 2026.
Les pourboires, en gastronomie notamment, représentent parfois 20 % du revenu total. Jusqu’à fin 2025, ils restent exonérés de cotisations pour les salariés sous 1,6 SMIC.


