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Une saison courte, des semaines intenses, et des revenus en dents de scie. Le métier de moniteur de ski repose sur une économie de la concentration : du travail en hiver, beaucoup de travail, et peu le reste du temps. En 2026, la situation n’a pas changé. La profession reste saisonnière, éclatée, dépendante de la météo comme de la fréquentation.
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L’ESF concentre l’essentiel des moniteurs
La majorité des moniteurs exerce à leur compte, affiliés à une école, principalement l’École du ski français (ESF), qui capte chaque année entre 80 % et 85 % des nouveaux diplômés. Les autres rejoignent des structures privées, des écoles concurrentes ou le secteur du tourisme. Ils sont payés à l’heure de cours, entre 50 et 95 euros brut selon l’ancienneté et la station, d’après Éric Brèche, président du Syndicat national des moniteurs du ski français.
À ce tarif, une semaine très chargée peut rapporter gros. Une monitrice citée par Le Monde déclare avoir encaissé 4 048 euros brut pour 44 heures de cours en une seule semaine, lors de l’hiver 2024.
Des revenus qui s’envolent… ou s’effondrent
Mais ces pics ne doivent pas masquer la réalité des écarts. Skiinfo donne un ordre de grandeur : environ 45 euros brut de l’heure. En supposant une saison pleine et un bon niveau d’activité, les revenus bruts se situent entre 20 000 et 30 000 euros sur l’hiver. Une fois les cotisations sociales déduites – entre 40 % et 50 % – le revenu net tombe entre 10 000 et 15 000 euros.
Le Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ) donne une fourchette plus large : de 9 000 à 23 000 euros brut pour un moniteur de ski alpin sur la saison, de 7 500 à 19 800 euros en ski nordique. Tout dépend de la durée de la saison, de la station, du statut, et surtout… de l’enneigement.
Les débutants naviguent autour de 2 250 euros
Les débutants ne sont pas mieux lotis. L’Onisep évoque un revenu brut de départ autour de 2 250 euros par mois pendant la saison, mais avec de grandes disparités selon les stations et le nombre d’heures obtenues. Ceux qui n’enseignent pas en tant qu’indépendants travaillent parfois comme salariés. Ils sont minoritaires, employés par l’UCPA, des centres de vacances ou des structures publiques.
Leurs salaires démarrent au niveau du SMIC. Au 1er novembre 2024, il est fixé à 11,88 euros brut de l’heure, soit 1 801,80 euros brut mensuels pour un temps plein. Le net, lui, plafonne à 9,40 euros de l’heure. Pas de quoi tenir l’année.
Le ski ne suffit pas à remplir l’année
Car le métier, on le pratique sur quelques mois seulement. Selon l’Onisep, l’activité s’arrête avec la fonte des neiges. Le reste de l’année, beaucoup cumulent : accompagnement en montagne, animation, ski nautique, hôtellerie, bâtiment, agriculture.
L’économie de l’enseignement du ski repose sur une intensité maximale en un minimum de temps, sans grille de rémunération nationale et avec une précarité assumée. Reste l’attrait de la montagne.


