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Donald Trump ressort le dossier. Comme en 2019, il propose de racheter le Groenland au Danemark. Le 7 janvier, la Maison Blanche confirme que le projet est à l’étude. Le même jour, le secrétaire d’État Marco Rubio annonce des discussions imminentes avec Copenhague. Motif affiché : la sécurité nationale.
Des estimations de prix qui s’envolent
Aucun chiffre officiel côté américain. Les estimations varient massivement. En 2019, le Washington Post évoquait une fourchette de 200 millions à 1.700 milliards de dollars, avec un prix médian de 42,6 milliards. The Economist misait sur 1 million par habitant, soit 56 milliards. En 2025, l’économiste David Baker avançait une estimation entre 12,5 et 77 milliards. Le think tank républicain American Action Forum a proposé jusqu’à 2.800 milliards, avant de redescendre à 200 milliards en ne comptant que les ressources exploitables. The Economist cite aussi 50 milliards.
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Paiements directs et coût des subventions
Le PIB du Groenland atteint 3,33 milliards de dollars en 2023. La population est estimée à environ 56.000 habitants. L’administration Trump envisage des paiements pour convaincre. Montants évoqués : entre 10.000 et 100.000 dollars par personne. Au maximum, cela représenterait 6 milliards de dollars.
À cela s’ajoutent les subventions danoises, estimées à environ 4 milliards de couronnes danoises, soit 540 millions d’euros par an selon Le Monde ou 520 millions selon La Croix. Cela représente près de 50 % du budget de l’île et environ 20 % de son PIB. En 2013, elles atteignaient 480 millions d’euros, soit plus de 55 % des recettes publiques.
Une île riche en ressources stratégiques
Le Groenland recèle 36,1 millions de tonnes de terres rares, dont 1,5 million exploitables. Il se place au 8ᵉ rang mondial. Les réserves en lithium sont estimées à 235.000 tonnes, soit 0,20 % du total mondial. Le sous-sol contient aussi du cuivre, zinc, graphite, uranium, plomb, nickel. Côté hydrocarbures, les estimations vont de 28,43 milliards à 52 milliards de barils équivalent pétrole. Mais le Groenland a mis fin à toute exploration pétrolière.
Un précédent diplomatique très délicat
Les États-Unis ont déjà acheté des territoires : la Louisiane (15 millions, en 1803), l’Alaska (7,2 millions, en 1867), les îles Vierges (25 millions, en 1917). En 1946, Truman proposait 100 millions pour le Groenland. Rejet catégorique.
Depuis 2009, le Groenland peut choisir son indépendance. Il contrôle ses ressources. Un rachat impliquerait un accord avec la population, pas seulement avec le Danemark. L’administration Trump évoque un modèle COFA : services publics, protection militaire, liberté d’action pour l’armée américaine.
Les autorités groenlandaises ferment la porte. « Nous ne sommes pas à vendre », ont-elles déclaré. Le Premier ministre parle de « fantasmes d’annexion ». La Première ministre danoise, elle, rappelle : « Le Groenland appartient à son peuple ».


