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En 2026, le Japon prolonge les effets d’une hausse historique du salaire minimum décidée à l’automne 2025. Depuis, le nouveau montant se déploie progressivement dans les 47 préfectures, mais à des rythmes inégaux.
En moyenne nationale, le seuil horaire atteint désormais 1 121 yens (6,17 €), après une hausse de 66 yens (+6,3 %) – la plus forte depuis vingt ans. Une avancée symbolique a été franchie : plus aucune préfecture n’est en dessous des 1 000 yens (5,50 €). Mais derrière cette moyenne se cachent des contrastes criants.
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À Tokyo, on grimpe à 1 226 yens (6,74 €) contre seulement 1 023 yens (5,63 €) à Kochi, Miyazaki ou Okinawa. Un différentiel de 203 yens (1,12 €) par heure qui reflète la fracture géographique du pays. Certaines régions, comme Tochigi, ont appliqué la hausse dès octobre 2025. D’autres, comme Akita, attendront mars 2026.
Travailler au minimum : combien reste-t-il à la fin du mois ?
Traduite en salaire mensuel brut, cette hausse donne 194 000 yens (1 067 €) pour un emploi à temps plein (40h/semaine). Mais là encore, les écarts régionaux s’imposent : 212 000 yens (1 166 €) à Tokyo, 177 000 yens (973 €) dans les zones rurales. Des montants encore éloignés de la cible fixée par le Premier ministre Shigeru Ishiba : 1 500 yens de l’heure (8,25 €) d’ici à 2030.
Pour y parvenir, il faudra maintenir un rythme annuel de progression supérieur à +7 %. Officiellement, il s’agit de défendre le pouvoir d’achat, stimuler la consommation et retenir la main-d’œuvre qualifiée. En pratique, ce cap exige une transformation en profondeur de la structure salariale.
Salaires en hausse, mais disparités persistantes
Le printemps 2025 avait déjà été marqué par un Shunto dynamique : les négociations salariales ont permis une hausse moyenne de +5,46 %, avec une progression du salaire de base de +4,51 %. Certaines grandes entreprises comme Hitachi ont même accordé +6,2 %. Mais dans les PME, qui représentent 70 % de l’emploi, les marges sont plus étroites. Les hausses y plafonnent à +4,45 %, et tombent à +3,54 % dans les très petites structures.
Les PME consacrent 70 à 80 % de leurs bénéfices aux salaires, contre 30 % dans les grands groupes. Résultat : près de 70 % des petites entreprises déclarent que le niveau du salaire minimum pèse sur leur activité. Le gouvernement promet en réponse des soutiens ciblés : subventions, digitalisation, facilités de crédit.
Inflation, logement, transport : les gains vite grignotés
Sur le papier, les salaires montent. Dans les faits, les prix grimpent plus vite. Les salaires réels ont reculé neuf mois d’affilée jusqu’en septembre 2025 (–1,4 % sur un an). En octobre, ils baissent encore (–0,7 %) malgré une hausse nominale de +2,6 %. L’inflation sous-jacente s’établit autour de +3 %, au-dessus de l’objectif de la Banque du Japon. À Tokyo, les prix à la consommation ont augmenté de +2,3 % en décembre. La vie quotidienne s’en ressent.
Un studio dans la capitale coûte entre 100 000 et 200 000 yens (550 à 1 100 €), et un simple appartement d’une chambre atteint en moyenne 88 478 yens (487 €). Le budget alimentation se situe entre 54 000 et 90 000 yens (297 à 495 €). Un repas au restaurant coûte 999 yens (5,49 €).
Côté transports, un ticket de métro revient à 220 yens (1,21 €), l’abonnement mensuel varie entre 10 000 et 20 000 yens (55 à 110 €). À partir de mars 2026, Japan Railways augmente ses tarifs de +4,4 à +5,2 %. Pour les soins, une consultation médicale sans assurance coûte 5 000 à 10 000 yens (27,50 à 55 €). Les étudiants paient 1 600 yens (8,80 €) par mois pour l’assurance santé.
Au total, une personne seule dépense entre 120 000 et 220 000 yens (660 à 1 210 €) par mois selon son mode de vie. Pour un expatrié à Tokyo, il faut prévoir entre 360 000 et 540 000 yens (1 980 à 2 970 €).


