Le futur avion anti-incendie sera fabriqué à Toulouse

Face aux feux de forêt, Toulouse innove avec un avion capable de larguer 7,5 tonnes d’eau à moindre coût.

Afficher le sommaire Masquer le sommaire

Toulouse ne construit pas que des satellites. La ville prépare aussi des avions pour éteindre les incendies. Kepplair Evolution, une start-up fondée par un ancien pilote de ligne et un chercheur en mécanique des fluides, y développe un nouveau bombardier d’eau. L’appareil est basé sur l’ATR 72, un avion régional bien connu. Objectif : une réponse plus rapide, moins chère et plus efficace aux feux de forêts.

A LIRE AUSSI
Dassault Aviation, dernier géant familial de l’aéronautique

Une flotte vieillissante, une urgence croissante

Le changement climatique attise les incendies. En Europe, les vieux Canadair peinent à suivre. Ils ne sont plus fabriqués. Les États cherchent des remplaçants. Toulouse, capitale de l’aéronautique, voit éclore plusieurs projets. Kepplair en fait partie.

La start-up vient de lever 5 millions d’euros. 3 millions en obligations remboursables en actions, 2 millions via une entrée au capital du courtier aérien Avico. De quoi accélérer le programme.

L’idée : transformer un ATR 72 en avion de lutte anti-incendie. Le turbopropulseur est répandu, maniable, robuste. Il pourra larguer 7,5 tonnes d’eau ou de retardant, tout en réduisant les coûts de 30 %. Une solution intermédiaire entre les petits avions et les gros porteurs.

Une technologie de largage sous haute pression

Au centre du dispositif, un système breveté de largage assisté par pression : KIOS. Mis au point avec Toulouse Tech Transfer, il assure une diffusion plus régulière au sol. Mieux répartir, pour mieux éteindre.

L’appareil sera aussi modulaire. Il pourra transporter du fret ou servir à des évacuations sanitaires. La transformation est confiée à Aerotec & Concept, entreprise installée à Blagnac.

Une ambition européenne portée par la Sécurité civile

Le projet intéresse les autorités. La Sécurité civile a envoyé une lettre d’intérêt. Les pompiers aussi suivent de près. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers et celle des métiers de l’incendie soutiennent l’initiative.

Kepplair vise une mise en service en 2027. Le calendrier est serré, mais réaliste : trois ans, contre huit à dix habituellement. Le développement ne devrait pas dépasser 50 millions d’euros. Une somme modeste pour un avion qui veut peser dans la bataille climatique.



L'Essentiel de l'Éco est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Publiez un commentaire

Publier un commentaire