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Depuis le 1er janvier 2026, le salaire minimum en Ukraine atteint 8 647 hryvnias (173 euros) par mois. C’est 647 hryvnias de plus (13 euros) qu’en 2025, soit une hausse de +8,09 %. À l’heure, le minimum passe de 48 hryvnias (0,96 euro) à 52 hryvnias (1,04 euro). Converti, cela donne environ 204 dollars ou 189 euros, selon les taux de change en vigueur fin décembre.
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Ce relèvement suit celui du seuil de subsistance général, désormais fixé à 3 209 hryvnias (64 euros), contre 2 920 hryvnias (58 euros) l’an dernier. Le montant varie selon les profils : 2 817 hryvnias (56 euros) pour les enfants de moins de 6 ans, 3 512 hryvnias (70 euros) pour les mineurs de 6 à 18 ans, 3 328 hryvnias (66 euros) pour les actifs, 2 595 hryvnias (52 euros) pour les personnes ayant perdu leur capacité de travail.
Syndicats et économistes dénoncent un fossé croissant
Mais la hausse du salaire minimum ne suffit pas. Dans un pays ravagé par la guerre, les critiques s’accumulent. Selon AgroReview, le seuil de subsistance réel dépassait déjà les 11 000 hryvnias (220 euros) début 2025. La Fédération des syndicats d’Ukraine réclamait un minimum à 12 195 hryvnias (244 euros) dès janvier, l’équivalent de 50 % du salaire moyen attendu fin 2025.
Le salaire moyen tourne autour de 420 euros, soit –82 % par rapport à la France. Et le coût de la vie, bien que –55 % inférieur, reste élevé au regard du pouvoir d’achat local, qui reste –58 % plus faible que celui des Français.
Logement et énergie absorbent une grande part du revenu
Le logement pèse lourd : 304 euros en moyenne pour un appartement d’une chambre en centre-ville, 211 euros hors centre. Les charges pour 85 m² atteignent 80 à 82 euros par mois. À l’achat, le mètre carré coûte entre 1 239 et 1 970 euros en zone urbaine centrale.
Pour se nourrir et se déplacer, les prix restent bas, mais pas au niveau du salaire minimum. Un déjeuner coûte 6 euros, un dîner 13,1 euros, un menu fast-food 5 euros. L’essence est à 1,2 euro le litre, un abonnement aux transports à 8,35 euros. Hors loyer, une personne seule doit débourser en moyenne 406 euros par mois.
Le gouvernement maintient pour l’instant les prix de l’énergie. Le gaz naturel est bloqué à 7 420 hryvnias (148 euros) pour 1 000 m³. Mais Ukrenergo prévoit une hausse de +20 % des tarifs d’électricité pour financer ses investissements et le remboursement de dettes.
Une pauvreté généralisée et une inflation persistante
Dans ce contexte, la pauvreté explose. Le Programme alimentaire mondial indique que 24 % de la population vit avec moins de 6,85 dollars par jour. Un tiers des Ukrainiens est en situation de pauvreté économique. Chez les enfants, ce taux monte à 70 %. Environ 9 millions de personnes sont pauvres. L’insécurité alimentaire touche 7,3 millions de personnes.
Dans les zones proches de la ligne de front, le chômage frôle les 22 %. 60 % des déplacés internes ont perdu leur emploi depuis l’aggravation du conflit.
L’inflation, qui a ralenti à 9,3 % en novembre, reste élevée. Celle sur les produits alimentaires dépasse encore 12,1 %. La Banque nationale espère redescendre à 6,6 % cette année.
Un budget militaire écrasant, peu pour le social
La croissance, elle, s’annonce faible. La Banque mondiale a revu sa prévision pour 2026 à la baisse, à +2,2 %, contre +5,4 % espérés en juin. En cause : la chute des exportations agricoles, le climat, et le rétablissement de restrictions commerciales européennes.
Le budget adopté le 3 décembre consacre 27,2 % du PIB à la défense, soit près de 60 % des dépenses publiques. Le déficit atteint 18,5 % du PIB, avec un besoin de financement extérieur de 45 milliards de dollars. Les dépenses sociales, de santé et d’éducation tombent à 8,4 % du PIB, un point de moins qu’en 2024.
Sur la qualité de vie, l’Ukraine en guerre ferme logiquement la marche en Europe. Elle est 35e et dernière du classement Numbeo 2026.


