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La rémunération des experts-comptables en 2026 reste sous le régime d’une convention collective, mais les écarts s’élargissent. Un accord de branche signé le 5 décembre 2025 entre les deux syndicats patronaux (ECF et IFEC) prévoit une revalorisation de +2,9 % des salaires minima pour l’année 2026, après deux années blanches.
Le minimum conventionnel d’un expert-comptable inscrit, indexé à l’indice 40, passe de 46 454 euros brut annuels à environ 47 800 euros, soit environ 3 983 euros brut par mois. Ce plancher s’impose automatiquement à l’employeur dès l’inscription au tableau de l’Ordre, comme l’a rappelé la Cour de cassation en février 2025.
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La grille repose depuis janvier 2024 sur une valeur de base fixée à 127,83 euros brut et une valeur hiérarchique de 77,60 euros brut. L’augmentation de +2,9 % prévue par l’accord de décembre 2025 s’applique à ces deux paramètres, dans l’attente de l’extension par arrêté ministériel.
Premiers salaires dès le stage en cabinet
La progression salariale commence dès le stage. En région parisienne, un expert-comptable stagiaire touche entre 33 000 et 44 000 euros brut par an, contre 26 000 à 35 000 euros en province. Les mémorialistes, à mi-chemin entre le stage et le diplôme, montent à 40 000–50 000 euros. Une fois diplômés, les débutants salariés (0 à 2 ans d’expérience) gagnent entre 35 000 et 45 000 euros brut, parfois 50 000 à 60 000 euros pour les profils recherchés.
Après 5 à 10 ans d’expérience, la fourchette grimpe entre 50 000 et 70 000 euros, voire 80 000 selon les sources. Les seniors ou managers, au-delà de 8 ans d’expérience, atteignent les 70 000 à 100 000 euros, en fonction de leurs responsabilités.
En libéral, les écarts explosent
En libéral, les revenus prennent l’ascenseur. Les chiffres annoncés vont de 80 000 à 150 000 euros brut par an, bien au-delà pour certains profils. Le tarif journalier moyen se situe entre 600 et 1 000 euros, soit entre 12 000 et 20 000 euros mensuels pour des indépendants bien installés.
Les niveaux d’honoraires varient : 50 à 80 euros HT/heure pour un junior, 70 à 150 euros pour un confirmé, 120 à 180 euros pour un manager, 250 à 300 euros pour un signataire. En forfait annuel : de 350 à 800 euros HT pour une micro-entreprise, jusqu’à 3 000 euros HT pour une petite SARL.
Paris creuse l’écart avec les régions
Les écarts géographiques restent nets. À Paris, les salaires dépassent ceux de province de +20 à +30 %. Un confirmé touche 65 000 euros à Paris contre 50 000 à Lyon. Dans les Big Four ou les grands cabinets internationaux, un confirmé gagne entre 70 000 et 90 000 euros en Île-de-France, 60 000 à 75 000 en région. Un associé à Paris avec moins de 2 ans peut viser 80 000–90 000 euros, montant qui grimpe à 200 000 euros avec 10 ans d’ancienneté.
Dans les cabinets régionaux, les confirmés tournent entre 65 000 et 80 000 euros à Paris, 55 000 à 70 000 euros ailleurs. En entreprise, un expert-comptable est payé entre 75 000 et 95 000 euros en région parisienne, 65 000 à 80 000 euros en province.
Le salaire moyen national ressort à 4 500 euros brut mensuels, soit 54 000 euros annuels. La médiane est plus basse : 3 750 euros par mois, soit 45 000 euros annuels.
Ancienneté, primes, télétravail : les à-côtés comptent
Au-delà du fixe, la convention collective prévoit une prime d’ancienneté : 3 points après 3 ans, jusqu’à 15 points après 15 ans. Soit 383,49 euros par an après trois ans, 1 917,45 euros après quinze, versés mensuellement. Un contrat de prévoyance, à la charge exclusive de l’employeur (1,50 % de la tranche 1), est obligatoire après un an d’ancienneté. Les primes sur résultat, fréquentes en cabinet, ajoutent entre 5 000 et 10 000 euros annuels.
Un accord de branche sur le télétravail conclu en mars 2022 a été étendu fin 2025. Pour les libéraux, les cotisations de prévoyance sont déductibles via le dispositif Madelin.


