SMIC : à combien s’élève le salaire minimum en Norvège en 2026 ?

Si la Norvège n’a pas de salaire minimum légal, elle impose des rémunérations minimales par convention collective.

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Pas de SMIC. Pas de chiffre unique martelé chaque 1er janvier. Pas de seuil décidé en conseil des ministres. En Norvège, le salaire minimum reste introuvable dans le code du travail. Il n’existe pas. En tout cas pas sous cette forme. Le gouvernement norvégien le répète dans chaque rapport international : « il n’y a pas de salaire minimum général ». La rémunération reste une affaire privée, déterminée par contrat entre employeur et salarié. Mais dans les faits, des planchers s’imposent, secteur par secteur, par un mécanisme d’un autre âge, les conventions collectives généralisées.

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Qui impose des planchers obligatoires ?

Ce système produit des effets très concrets. En 2026, neuf branches d’activité sont couvertes par des minima salariaux obligatoires, fixés non pas par la loi mais par la Tariffnemnda, une commission tripartite chargée d’étendre les conventions collectives nationales. Le 15 juin 2025, elle a relevé les barèmes dans l’ensemble des secteurs concernés, du bâtiment à la restauration en passant par le nettoyage ou le transport routier. L’Inspection du travail a entériné la décision dans un communiqué du 23 juin 2025, confirmant que les nouveaux taux de salaire minimum s’appliquaient à compter de cette date.

Les barèmes qui s’appliquent, secteur par secteur

Les montants sont précis, les écarts importants. Dans la construction, un ouvrier qualifié ne peut être rémunéré en dessous de 264,32 NOK (22,47 €) de l’heure. Un non qualifié sans expérience : 239,61 NOK (20,37 €). Avec un an d’expérience : 249,00 NOK (21,17 €). Pour les moins de 18 ans : 162,44 NOK (13,81 €).

Dans le nettoyage, le minimum horaire atteint 236,54 NOK (20,11 €) pour un adulte, 185,55 NOK (15,77 €) pour un mineur. Un supplément de 29 NOK (2,47 €) est obligatoire pour les horaires de nuit.

Dans l’hôtellerie-restauration, la fourchette va de 142,58 NOK (12,12 €) pour un jeune de moins de 17 ans à 204,79 NOK (17,41 €) pour un adulte de plus de 20 ans ou un salarié de 18 ans avec quatre mois d’ancienneté.

D’autres barèmes jalonnent les conventions : 270,45 NOK (22,99 €) pour un électricien qualifié, 216,79 NOK (18,43 €) pour un ouvrier des chantiers navals, 229,00 NOK (19,47 €) pour un chauffeur routier. Tous ces montants ont force obligatoire, même si l’employeur n’est pas adhérent à une convention collective, même si le salarié vient de l’étranger. L’Inspection du travail peut contrôler, sanctionner.

Salaires élevés, prix chers : la tension continue

Ces planchers légaux cohabitent avec une réalité salariale nettement plus haute. En 2024, le salaire mensuel moyen en Norvège a atteint 59 370 NOK (5 046 €), en hausse de +5,3 % sur un an. Mais les écarts sont marqués : dans l’hôtellerie-restauration, la moyenne plafonne à 40 730 NOK (3 462 €) ; pour les métiers non qualifiés, elle reste sous les 40 000 NOK (3 400 €). Les cadres dépassent les 82 300 NOK (6 996 €).

Et au sommet, le revenu médian des ménages après impôts s’établit à 635 400 NOK (54 009 €) en 2023, avec plus de 1 131 800 NOK (96 203 €) pour les couples avec enfants.

Ces chiffres s’expliquent par le haut niveau de vie. En volume, le PIB par habitant dépasse de +60 % celui de l’Union européenne. Les prix aussi : +37,6 % pour la consommation individuelle effective en 2024 par rapport à la moyenne UE, +48,4 % pour les biens et services culturels. L’alimentation : +31,6 %.

L’inflation, qui avait bondi à +7,5 % en 2022, est redescendue, mais reste instable : +2,2 % en 2024, +3,0 % en novembre 2025. Les salaires ont suivi : +5,2 % en 2023, +5,3 % en 2024. Le pouvoir d’achat moyen se redresse lentement, après deux années de forte tension. Mais les ménages modestes restent sous pression, davantage exposés aux coûts du logement et de l’énergie.

Le système social norvégien joue alors son rôle d’amortisseur. Pas d’allocations ciblées pour les travailleurs pauvres, mais une protection sociale large, indexée, universelle. Revalorisation de +10 % des aides sociales en juillet 2023, prime unique de 1 000 NOK (85 €) en décembre 2022, hausse temporaire de l’aide au logement, prise en charge partielle des factures d’électricité. Le dispositif couvre 90 % du coût au-delà d’un seuil donné, jusqu’à 5 000 kWh par mois.

Mais la pauvreté relative ne disparaît pas. Environ 10,7 % de la population vit sous le seuil de 60 % du revenu médian, 11,3 % des enfants. Les bénéficiaires de minima sociaux, les familles immigrées restent les plus exposés.

Travailler à temps plein au salaire minimum dans la restauration ou le nettoyage signifie un revenu légalement garanti, mais très inférieur à la moyenne nationale, dans un pays où les prix à la consommation sont 25 à 40 % plus élevés que dans l’Union européenne. Ces secteurs sont identifiés par les autorités européennes comme exposés aux bas salaires et à la précarité, ce qui alimente les revendications syndicales pour une revalorisation continue des minima.

L’équation norvégienne reste intacte : une absence de SMIC, une mosaïque de barèmes obligatoires, des salaires moyens très élevés, des prix encore plus hauts, et un système de transferts sociaux massif pour éviter les ruptures.



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2 commentaires sur « SMIC : à combien s’élève le salaire minimum en Norvège en 2026 ? »

  1. Bonsoir,
    Votre article concernant la rémunération horaire en Norvège convertie en euro est erronée. En effet, vous utilisez un cours de 0.85, alors que le cours exact serait plutôt de 0.085. 264.32 couronnes norvégiennes ne peuvent en aucun cas correspondre à un salaire en euro de 224.67 sinon tout le monde va vouloir venir travailler en Norvège.
    salutations cordiales
    Kim

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2 commentaires