SMIC : à combien s’élève le salaire minimum au Chili en 2026 ?

Le Chili affiche un salaire minimum record en Amérique du Sud, mais le pouvoir d’achat reste en berne.

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Depuis le 1er janvier 2026, le salaire minimum au Chili s’établit à 539 000 pesos (505 euros). La loi n° 21.751, promulguée en juin 2025, encadre cette revalorisation qui concerne les travailleurs de 18 à 65 ans. Les salariés de moins de 18 ans ou de plus de 65 ans relèvent d’un régime spécifique, fixé à 402 082 pesos (378 euros). Parallèlement, un troisième montant, destiné aux effets non rémunératoires, s’élève à 347 434 pesos (326 euros).

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Ce relèvement marque l’aboutissement d’une trajectoire entamée en mai 2022, lorsque le minimum était encore à 350 000 pesos (329 euros). En moins de quatre ans, l’augmentation atteint +54 %. En mai 2025, une première étape avait fixé le seuil à 529 000 pesos (497 euros). Environ 900 000 travailleurs sont directement concernés. Une subvention publique transitoire accompagne la mesure, visant à amortir l’impact pour les MiPymes et les coopératives. D’ici avril 2026, le gouvernement devra présenter un nouveau projet de revalorisation pour une application au 1er mai.

Premier salaire d’Amérique du Sud, en théorie

À 539 000 pesos, le Chili affiche le salaire minimum le plus élevé du continent sud-américain. Aucun voisin ne fait mieux. Mais ce statut tient surtout au change officiel : 1 000 pesos = 0,94 euro. En pratique, les dépenses absorbent rapidement ce revenu.

Un appartement d’une chambre en centre-ville de Santiago coûte en moyenne 477 200 pesos (448 euros), soit près de 89 % du salaire minimum. En périphérie, le loyer moyen descend à 401 522 pesos (377 euros). En province, on parle de -20 à -30 % par rapport à la capitale, notamment pour le logement et la nourriture.

Un repas dans un restaurant bon marché revient à 10 000 pesos (9,40 euros). Un litre de lait coûte 1 128 pesos (1,06 euro), un kilo de riz 2 040 pesos (1,92 euro), une douzaine d’œufs 3 778 pesos (3,55 euros). L’alimentation est décrite comme 27 % moins chère qu’en France, mais cela ne suffit pas à compenser les écarts de revenus.

Les charges pour un logement de 85 m² s’élèvent à 133 773 pesos (125,75 euros) par mois. L’abonnement internet coûte 21 000 pesos (19,74 euros), un forfait mobile 13 539 pesos (12,72 euros). Le transport urbain ajoute 830 pesos (0,78 euro) par trajet, soit 40 000 pesos (37,60 euros) pour un abonnement mensuel.

Le pouvoir d’achat sous tension permanente

À Santiago, une personne seule doit compter un budget mensuel de 970 000 à 1 070 000 pesos (912 à 1 007 euros) pour vivre a minima : logement en périphérie (~400 000 pesos / 376 euros), alimentation (300 000 à 400 000 pesos / 282 à 376 euros), transport (40 000 pesos / 37,60 euros), charges (130 000 pesos / 122,20 euros). Le salaire minimum couvre à peine la moitié de ce budget.

Le salaire moyen net à Santiago atteint 778 899 pesos (732 euros). Au niveau national, il descend à 650 830 pesos (612 euros). Le salaire médian est encore plus bas, autour de 611 162 pesos (574 euros). L’écart reste marqué.

L’inflation, qui avait dépassé 14 % en 2022, est revenue à 3,4 % fin 2025, selon la Banque centrale. Les prévisions tablent sur un retour à 3 % au premier semestre 2026. En parallèle, le taux directeur a été abaissé à 4,5 % en décembre 2025. Le cadre macroéconomique se stabilise, mais les revenus restent tirés vers le bas.

Inégalités persistantes et précarité sociale

Le coefficient de Gini, indicateur des inégalités de revenu, reste élevé à 0,448, contre une moyenne de 0,315 dans l’OCDE. La pauvreté relative touche 16,3 % de la population chilienne, contre 11,7 % dans l’OCDE. Les 1 % les plus riches concentrent près de 40 % des richesses nationales.

La santé repose sur un modèle mixte. 64 % des classes moyennes supérieures recourent au privé. Les classes populaires sont à 92 % dépendantes du système public, qui impose parfois des paiements supplémentaires pour certains soins. Même logique dans l’éducation, où les frais d’inscription dans le supérieur restent une charge lourde pour de nombreuses familles.

Le chômage est donné à 8,4 % en novembre 2025, mais grimpe à 21,4 % chez les 15-24 ans. L’emploi informel, hors secteur agricole, touche 27,7 % des travailleurs. Cette précarité accentue la vulnérabilité : 53 % des Chiliens pourraient tomber dans la pauvreté en cas de trois mois sans salaire, selon l’OCDE.

Le système de retraite, basé sur la capitalisation individuelle, reste un point de tension. Les pensions versées sont fréquemment inférieures au salaire minimum, malgré un prélèvement obligatoire de 10 % sur les salaires. Ce mécanisme, hérité de la dictature, alimente les revendications sociales depuis les grandes manifestations d’octobre 2019.



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