SMIC : à combien s’élève le salaire minimum en Angleterre en 2026 ?

Inflation, logement, alimentation : la hausse du SMIC britannique peine à suivre la flambée du coût de la vie.

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À partir du 1er avril 2026, un salarié britannique de 21 ans ou plus touchera au minimum 12,71 £ (14,62 €) de l’heure. C’est 50 pence de plus qu’en 2025, soit une hausse de +4,1 %. Pour un emploi à temps plein de 37,5 heures hebdomadaires, cela représente 24 782 £ (28 499 €) bruts par an, environ 900 £ (1 035 €) de plus qu’en 2025. Cette revalorisation touche 2,4 millions de travailleurs, plus 300 000 jeunes et apprentis.

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Les 18-20 ans passeront à 10,85 £/h (12,48 €/h) (+8,5 %), les 16-17 ans et apprentis à 8,00 £/h (9,20 €/h) (+6 %). Le accommodation offset, la déduction applicable quand un employeur fournit un logement, est fixé à 11,10 £ (12,77 €) par jour.

L’objectif est de maintenir le salaire minimum à 2/3 du salaire médian. Le taux de 12,71 £ (14,62 €) se situe dans la fourchette médiane projetée pour 2026 (12,66 £ à 12,84 £, soit 14,56 € à 14,77 €). Le Royaume-Uni conserve l’un des salaires minimums les plus élevés d’Europe en proportion du salaire médian. En comparaison, le SMIC français est à 11,88 €/h, l’Allemagne à 12,82 €/h, et les Pays-Bas à 14,40 €/h.

Le Real Living Wage, basé sur le coût réel de la vie, s’élèvera à 13,45 £ (15,47 €) pour l’ensemble du Royaume-Uni, et à 14,80 £ (17,02 €) pour Londres. L’écart avec le salaire minimum légal atteint 74 pence/h (0,85 €/h) au niveau national et 2,09 £/h (2,40 €/h) à Londres, soit un manque à gagner annuel estimé à 1 443 £ (1 659 €) et 4 076 £ (4 687 €) respectivement.

Coût de la vie : l’inflation s’essouffle mais reste douloureuse

L’inflation a ralenti, mais ne rentre pas encore dans les clous. En novembre 2025, elle s’élevait à 3,2 %, après 3,6 % en octobre. L’Office for Budget Responsibility prévoit une inflation moyenne de 2,5 % en 2026, avec un retour à 2 % seulement en 2027.

L’alimentation reste un point de tension : en novembre 2025, les prix des denrées ont progressé de +4,2 % sur un an. Les projections tablent sur une inflation alimentaire moyenne de 3 % en 2026, voire plus si les nouvelles taxes sont répercutées par les distributeurs.

Un panier de 183 produits coûte entre 455 £ (523 €) et 523 £ (601 €) selon les enseignes. Asda reste le moins cher. Aldi et Lidl proposent un panier réduit de 71 produits autour de 122 £ – 124 £ (140 € – 143 €). Les prix restent très au-dessus des niveaux d’avant-crise.

Le logement pèse de plus en plus. À Londres, le coût de la vie moyen (hors loyer) est estimé à 3 266 £ (3 756 €) par mois pour une famille de quatre et 958,10 £ (1 102 €) pour une personne seule. Un deux-pièces coûte 2 041,75 £ (2 348 €) par mois dans le centre et 1 430,05 £ (1 645 €) en périphérie. À Manchester, les loyers sont plus abordables : 946,15 £ (1 088 €) en périphérie, 1 158,33 £ (1 332 €) au centre.

Le prix moyen d’une habitation au Royaume-Uni était de 271 068 £ (311 728 €) en décembre 2025, en baisse de -0,6 % sur un an. Pour 2026, les hausses attendues sont de +2 % à +4 % selon Nationwide, et de +1 % à +3 % selon Halifax.

Énergie, transports, loyers : des postes de dépense sous tension

Entre janvier et mars 2026, le plafond tarifaire fixé par l’Ofgem pour un ménage type s’établit à 1 758 £ (2 022 €) par an. C’est +0,2 % par rapport au trimestre précédent. Le tarif unitaire de l’électricité grimpe à 27,69 pence/kWh (0,32 €/kWh) avec une redevance journalière fixe de 54,75 pence (0,63 €). Le gaz coûte 5,93 pence/kWh (0,07 €/kWh) avec 35,09 pence/jour (0,40 €/jour) de frais fixes.

Côté transports, le ticket de métro en zone 1 à Londres passera de 2,90 £ (3,34 €) à 3,10 £ (3,57 €) en mars 2026 (+5,8 %). Le tarif bus/tram est gelé à 1,75 £ (2,01 €) au moins jusqu’en juillet. La congestion charge a été relevée de 15 £ à 18 £ (17,25 € à 20,70 €) au 2 janvier 2026 (+20 %).

Revenus, pauvreté : le salaire minimum ne suffit pas

Le salaire médian en 2025 s’élevait à 31 602 £ (36 342 €) tous temps de travail confondus, et à 37 430 £ (43 045 €) pour les temps pleins. Avec plus d’un an d’ancienneté, il montait à 39 039 £ (44 895 €), en hausse de +4,3 %. Le salaire hebdomadaire moyen (total pay) atteignait 739 £ (850 €). Pour 2026, la croissance attendue est de +3 %.

Le chômage remonte : 5,1 % en octobre 2025, au plus haut depuis 2021. L’emploi des moins de 25 ans recule de -1,8 %. 12,8 % de cette tranche d’âge est NEET.

14,3 millions de personnes vivaient en situation de pauvreté relative en 2022/2023. Les revenus des ménages en pauvreté très profonde sont en moyenne inférieurs de 57 % au seuil de pauvreté. Les ménages vivant uniquement du salaire minimum sont parmi les plus exposés à la privation.

Plusieurs mesures sont annoncées : l’Universal Credit sera revalorisé de +6,2 % en avril 2026, la pension d’État augmentera de +4,8 % à 241,05 £ (277 €) par semaine. La suppression de la limite à deux enfants pour les allocations devrait faire sortir 450 000 enfants de la pauvreté d’ici 2029/30. Le Household Support Fund, doté de 1 milliard £ (1,15 milliard €) par an, permet des aides allant jusqu’à 300 £ (345 €). Les Cost of Living Payments, versés en 2022-2023, ne seront pas reconduits.

Des témoignages remontés par la Low Pay Commission illustrent les tensions : un salarié de l’hôtellerie à Newry parle d’un salaire qui “ressemble plus à un ajustement qu’à une réelle augmentation”. À Dundee, une militante évoque le dilemme constant : “se nourrir, chauffer ou payer le loyer”.

Impact modéré sur l’économie

Le salaire minimum concerne 2,4 millions de travailleurs, soit 2,5 % de la masse salariale totale. La hausse de 6,7 % du NLW en avril 2025 n’aurait contribué qu’à 0,1 à 0,5 point de croissance salariale. L’effet sur l’inflation est estimé entre 0,05 % et 0,24 % si tous les coûts sont répercutés.

Réponses d’entreprise : hausse des prix, baisse des marges, réduction d’effectifs, gel des investissements. Certaines PME évoquent une baisse nette des investissements technologiques. Les nouvelles cotisations sociales patronales sont perçues comme un choc plus dur que la hausse du salaire minimum, car non anticipées.

Le nouveau plancher horaire de 12,71 £ (14,62 €) dépasse l’inflation prévue (2,0-2,1 %), mais le pouvoir d’achat reste contraint. Les salaires réels, à peine revenus au niveau de 2008, peinent à couvrir les besoins essentiels : se loger, se nourrir, se chauffer.



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