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Depuis le 1er janvier, le salaire minimum légal en Colombie est de 1 750 905 pesos (environ 396 €). Une décision prise par décret présidentiel, faute d’accord entre syndicats et patronat. Mais le montant réellement perçu par les salariés rémunérés au minimum atteint 2 000 000 pesos (environ 452 €), grâce à l’ajout d’une aide au transport obligatoire, fixée à 249 095 pesos (environ 56 €). Cette revalorisation représente une hausse de 23 % pour le salaire de base, et de 24,5 % pour l’indemnité de transport, par rapport à 2025.
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Les discussions entre les partenaires sociaux ont échoué. Les syndicats demandaient une hausse substantielle, justifiée selon eux par la perte de pouvoir d’achat. Le patronat, de son côté, plaidait pour une augmentation contenue, autour de 7 %, au nom de la soutenabilité économique. Le président Gustavo Petro a tranché. Et fort. Il qualifie ce nouveau montant de « salaire vital », censé rapprocher les revenus des travailleurs du coût réel de la vie. Il s’agit, en valeur nominale, de la plus forte hausse du salaire minimum décidée en Colombie au XXIᵉ siècle. Environ 2,5 millions de salariés sont concernés.
Un écart persistant avec le coût de la vie
Cette décision intervient dans un contexte économique tendu. L’inflation annuelle atteignait 5,30 % en novembre. Et si le coût de la vie est globalement 54 % plus bas qu’en France, le pouvoir d’achat y reste 67 % inférieur. Une tension structurelle que le gouvernement tente de compenser en revalorisant les revenus les plus bas, mais sans concertation.
Dès l’annonce de la hausse, des craintes de transmission directe aux prix ont surgi. Viande, lait, produits de base : les hausses sont redoutées, alors que la livre de bœuf s’échangeait déjà autour de 5 600 pesos (environ 1,27 €) début janvier, avec des pointes à 5 700 pesos (environ 1,29 €). Les experts alertent : une spirale inflationniste pourrait annuler les effets de la hausse.
Deux mesures d’urgence pour limiter l’impact
Pour contenir cette pression, le gouvernement prévoit deux mesures : désindexer plus de 200 biens et services du salaire minimum et encadrer certains prix, notamment dans les secteurs alimentaires et de première nécessité. Une tentative d’éviter que la hausse du salaire minimum ne se transforme en simple illusion monétaire.


