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La meilleure performance boursière de 2025 ne vient ni de la tech grand public ni d’un poids lourd bien connu de l’IA. Elle s’appelle Sandisk, elle fabrique des puces mémoire, et son action a grimpé de 578,5 % sur un an, selon Yahoo Finance. De quoi décrocher la première place du S&P 500.
L’entreprise américaine a profité d’une ruée des investisseurs vers les « pelles et pioches » de l’intelligence artificielle, ces composants indispensables au fonctionnement des data centers. Après avoir misé sur Nvidia et ses GPU, les marchés se sont tournés vers le stockage, en pleine explosion. Sandisk s’est imposée comme le symbole de ce virage.
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Mémoire flash : un marché devenu stratégique
Le cœur du métier de Sandisk, c’est la mémoire flash NAND. Une technologie qui permet de stocker des données sans alimentation électrique. Elle équipe aussi bien les SSD que les cartes mémoire ou les clés USB. Rien de nouveau. Mais la donne change quand l’IA exige toujours plus de mémoire, plus vite, à très grande échelle.
Avec l’explosion des investissements dans les infrastructures cloud, les besoins en NAND se sont envolés. Selon Counterpoint, le marché a progressé de 24 % au deuxième trimestre 2025, tiré par l’IA. Et la demande ne faiblit pas.
Un retour en Bourse qui frappe fort
Rachetée en 2016 par Western Digital, Sandisk est revenue en Bourse en février 2025. Elle vaut aujourd’hui environ 35 milliards de dollars. En novembre, elle a rejoint le S&P 500, neuf mois à peine après son IPO. À l’annonce de son entrée dans l’indice, le titre a bondi de 13,3 %, porté par les achats automatiques des fonds indiciels. Western Digital, la maison mère, n’a pas été en reste avec une hausse de 282 % sur l’année.
Production au Japon, alliance avec Kioxia
Sandisk n’est pas seule. Elle forme une coentreprise avec le japonais Kioxia, un des leaders mondiaux de la NAND. Ensemble, ils fabriquent la majorité des puces dans des usines japonaises, avant de les assembler en SSD. Kioxia a d’ailleurs connu une année flamboyante en Bourse (+536 % à Tokyo).
Le succès de Sandisk s’explique aussi par le déséquilibre croissant entre l’offre et la demande. Counterpoint évoque une pénurie persistante, notamment sur les SSD pour serveurs. Bank of America souligne que le segment “data centers” a doublé en un an dans les revenus de Sandisk, passant de 6 % à 12 % au premier semestre 2025.
Sur le trimestre clos fin septembre, la croissance a atteint 26 % d’un trimestre à l’autre sur ce segment. De quoi alimenter l’optimisme des analystes, comme Citi, qui prévoit un marché toujours porteur en 2026.
Mais l’envolée des prix ne doit pas faire oublier la réalité du secteur. La mémoire reste un marché cyclique. Les périodes de pénurie sont souvent suivies d’un excès d’offre, qui fait plonger les prix et les marges. Morningstar le rappelle : Sandisk ne fixe pas les prix, sa rentabilité est faible et instable.


