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Elle assure qu’il ne s’agit que d’un « différend commercial ». Mais le parquet de Paris voit les choses autrement. Le 12 mai prochain, Sophia Chikirou, députée La France insoumise et tête de liste du mouvement aux municipales de 2026 à Paris, sera jugée pour des faits présumés d’escroquerie, remontant à l’été 2018.
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Un virement, deux chèques et un compte vide
Les faits reprochés sont techniques, mais leur portée politique est évidente. Selon une source judiciaire, l’affaire démarre avec un virement de plus de 67.000 euros que Mme Chikirou aurait tenté de faire transiter vers sa société de conseil, Mediascop, depuis les comptes de Le Média, site d’actualité qu’elle avait cofondé. Elle se serait alors présentée comme présidente du Média, alors qu’elle ne l’était déjà plus. Le virement ne passera jamais : le compte est insuffisamment approvisionné, le chargé de compte s’interroge, la nouvelle présidente du Média s’y oppose.
Les enquêteurs parlent d’un « commencement d’exécution » pour qualifier l’opération avortée. À cela s’ajoute un autre grief : la soustraction frauduleuse de deux formules de chèques. Deux faits distincts, mais qui pèsent ensemble dans la balance.
L’accusée dénonce une manœuvre politique
La principale intéressée, elle, contre-attaque. Elle parle d’un procès « politique », s’étonne du calendrier – une convocation en pleine campagne municipale – et rappelle qu’un accord a été trouvé entre les deux sociétés concernées. Aucun plaignant, aucun préjudice selon elle. « On veut me salir et gêner ma campagne », dit-elle à l’AFP.
Âgée de 46 ans, issue d’un milieu populaire de Haute-Savoie, Sophia Chikirou est une pièce maîtresse du dispositif mélenchoniste depuis plus d’une décennie. Architecte des campagnes présidentielles de 2012 et 2017, elle devient députée en 2022. Depuis, elle incarne l’une des voix les plus affirmées de LFI. Son positionnement à Paris, ville emblématique et terrain stratégique, n’est pas anodin. Le mouvement cherche à renforcer sa présence locale, là où il reste encore marginal dans les exécutifs municipaux.
Des casseroles à gauche, à droite, au centre
Chikirou n’est pas la seule candidate aux prises avec la justice. Rachida Dati, actuelle ministre et concurrente de taille dans la course à la mairie de Paris, comparaîtra elle aussi en septembre 2026 dans un procès pour corruption et trafic d’influence. D’autres enquêtes sont en cours à son sujet.
Quant à Sophia Chikirou, cette affaire de 2018 ne représente qu’une partie de des ennuis judiciaires. Elle a été mise en examen en septembre 2024 pour escroquerie aggravée dans le cadre de l’enquête sur les comptes de campagne de 2017 de Jean-Luc Mélenchon. Les enquêteurs s’interrogent sur des surfacturations éventuelles de Mediascop, payées par de l’argent public. L’instruction suit son cours.


