Delta Force, l’unité secrète qui a capturé Nicolás Maduro

Que sait-on vraiment de la Delta Force, cette unité secrète qui a arrêté Nicolás Maduro ?

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C’est une opération comme les États-Unis en montent peu, mais qu’ils savent parfaitement exécuter. Dans la nuit de vendredi à samedi, un commando américain a pénétré sur le territoire vénézuélien, a capturé le président Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores, avant de les exfiltrer vers les États-Unis. Ils sont désormais détenus à Brooklyn, au Metropolitan Detention Center, une prison fédérale connue pour héberger des détenus de premier plan. Washington a confirmé que l’opération a été menée par la Delta Force, l’unité la plus secrète de l’armée américaine.

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Pas de drones. Pas de frappes. Un assaut physique, ciblé, conduit par des hommes entraînés à ne laisser aucune trace. C’est une marque de fabrique de la Delta Force, ou plus officiellement le 1er détachement opérationnel des Forces spéciales Delta. Une unité qui ne parle jamais, et sur laquelle les autorités américaines communiquent rarement. Le silence fait partie de l’équipement.

Un assaut de nuit contre une résidence fortifiée

Selon des sources américaines relayées par CBS News, l’opération s’est déroulée à l’aube. Le commando a attaqué la résidence de Maduro, fortifiée et protégée par une garde personnelle renforcée – notamment des agents cubains. Les hommes de la Delta Force ont forcé les accès blindés, neutralisé la sécurité rapprochée et capturé le couple présidentiel sans engager de combat prolongé. Une opération chirurgicale.

Ce type d’intervention correspond exactement au profil de la Delta Force. Créée en 1979 dans le contexte des grandes peurs terroristes, l’unité a été pensée pour mener des missions que le Pentagone ne veut ni annoncer ni commenter : libération d’otages, élimination de cibles de haute valeur, interventions à l’étranger sans autorisation. L’une de ses premières opérations, la tentative d’exfiltration des otages américains à Téhéran en 1980 – opération Eagle Claw – a échoué, mais a servi de fondation doctrinale.

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Irak, Syrie, Amérique latine : les terrains de chasse

La Delta Force a fait ses armes sur les terrains les plus instables du globe. Elle a été déployée à plusieurs reprises en Irak, notamment lors de la traque de Saddam Hussein en 2003. Son implication dans la lutte contre Al-Qaïda en Irak a donné lieu à sa plus longue campagne. L’unité a aussi opéré en Afghanistan, en Somalie – célèbre bataille de Mogadiscio en 1993 – et plus récemment en Syrie, lors de la tentative avortée de libération d’otages américains en 2014.

Plus discrètement, elle a été active en Amérique latine : traque de Pablo Escobar en Colombie, capture de Manuel Noriega à Panama. Des opérations menées en marge du droit international, mais toujours avec un objectif clair : neutraliser une menace désignée comme prioritaire par Washington.

Le cas Maduro s’inscrit dans cette logique. Depuis des années, les États-Unis le considèrent comme un obstacle à la stabilité régionale. L’attaque surprise de ce week-end, menée sans annonce préalable ni concertation régionale, marque une rupture. Et une démonstration.

Des soldats transformés en “opérateurs” invisibles

Les hommes de la Delta Force ne sont pas formés comme les autres. À Fort Bragg, en Caroline du Nord, les rares informations disponibles parlent d’un entraînement conçu pour transformer des soldats aguerris en “opérateurs” capables de s’infiltrer, de frapper, de disparaître. Certains agissent avec des chiens d’attaque, d’autres dans le silence total. Les missions s’enchaînent, les visages restent inconnus, les récits filtrent rarement.

La mort d’Abu Bakr al-Baghdadi en 2019, l’ancien chef de l’État islamique, leur est attribuée. Comme d’autres opérations menées dans l’ombre, là où la visibilité médiatique est laissée aux Navy SEALs, plus enclins à laisser Hollywood raconter leurs exploits. La Delta Force, elle, préfère le secret. Elle n’a pas besoin de célébrité.

Une unité réelle devenue mythe populaire

Pourtant, elle a sa place dans la culture populaire. Chuck Norris l’a incarnée dans le film The Delta Force (1986), et de nombreux jeux vidéo ont mis en scène ses interventions fictives. Une image façonnée à coup de scénarios musclés, parfois éloignés de la réalité. La vraie Delta Force opère sans musique dramatique, sans cris, sans dialogues. Juste une mission à remplir.

La capture de Nicolás Maduro marque une nouvelle étape dans son histoire. Une opération à très haut risque, sur un territoire souverain, contre un chef d’État en exercice. Un type de mission que peu d’unités au monde seraient capables de mener à bien. Pour la Delta Force, c’est le cœur de métier.



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