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Insultes homophobes, invectives contre les arbitres, conférence de presse zappée. Le match Lille-Rennes (0-2), samedi 3 janvier au stade Pierre-Mauroy, a viré au naufrage hors terrain. Déjà sous surveillance pour des débordements récents, le LOSC pourrait écoper d’une sanction bien plus lourde qu’une amende. La Commission de discipline envisage désormais une réponse d’une rare sévérité.
Une expulsion précoce qui fait tout basculer
Le virage a été brutal. Treizième minute de jeu : Alexsandro est expulsé pour une faute sur Breel Embolo, jugée comme annihilant une occasion manifeste de but. L’arbitre Éric Wattellier applique le règlement, mais la décision enflamme les esprits côté lillois. Thomas Meunier ne décolère pas : « La faute est claire… mais on a encore deux défenseurs. Il nous pourrit le match. »
Le ton monte à la mi-temps. Bruno Genesio descend sur la pelouse pour interpeller l’arbitre. Dans le tunnel, l’entraîneur perd ses nerfs : « Depuis hier y’a que des merdes, c’est pire encore que l’année dernière. Lui, c’est le number one, le top du top. »
Olivier Létang emboîte le pas. Le président du LOSC invective les officiels : « Vous savez ce que vous avez fait, c’est une honte, c’est un scandale. » Ces propos, tenus devant témoins, sont remontés dans les rapports transmis à la Ligue.
Des chants homophobes en récidive
Le banc rennais n’a pas manqué de réagir. Habib Beye, sobre mais tranchant : « Les dirigeants lillois ont essayé de créer un contexte. Ce type de pression à la mi-temps déstabilise tout le monde. » La scène ne plaide pas en faveur du club nordiste. Et encore moins les chants homophobes, entonnés par plusieurs groupes de supporters et audibles jusque dans la tribune de presse. C’est une récidive. Or, depuis les nouvelles directives en vigueur cette saison, le retrait de points est prévu dans ces cas-là (article 4 du règlement disciplinaire).
Un retrait de points sérieusement envisagé
Selon plusieurs sources proches de la Commission, le dossier est jugé « extrêmement préoccupant ». Un retrait de points est désormais à l’étude. La Ligue veut frapper fort. Pour trois raisons.
D’abord, la double charge : comportement des dirigeants et attitude des supporters. Ensuite, la récidive sur les chants discriminatoires. Enfin, le cas personnel d’Olivier Létang, déjà sanctionné en novembre 2025 par l’UEFA pour « conduite incorrecte ».
Le silence de Bruno Genesio, qui a refusé de se présenter devant la presse, n’arrange rien. Les rapports des délégués sont accablants. Le LOSC pourrait devenir le premier club de Ligue 1 à essuyer une sanction sportive de cette ampleur dans ce type d’affaire.
« Le Président de Lille fait honte à tout le football français »
En marge des possibles sanctions sportives, un autre sujet fait grincer des dents : le silence des autorités. Depuis samedi soir, les images et les enregistrements des chants homophobes ont largement circulé. Des insultes claires, répétées, visant joueurs, arbitres et journalistes, entendues dans tout le stade, y compris près de la tribune de presse. Pourtant, aucune réaction officielle du ministère des Sports. Aucun mot non plus du gouvernement, ni des élus pourtant prompts, ces derniers mois, à dénoncer les dérives dans les stades.
Cette absence de réaction interroge. D’autant plus que la ministre des Sports avait porté, à l’automne, les nouvelles directives contre les « comportements discriminatoires répétés » avec, à la clé, un durcissement des sanctions. « On ne peut pas d’un côté parler de tolérance zéro, et de l’autre ne rien dire quand les chants sont aussi audibles et ciblés . Il est urgent de mettre fin à ces dérives. Le Président de Lille fait honte à tout le football français », glisse un cadre rennais, sous couvert d’anonymat.


