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Dix ans après, l’ardoise reste salée. Et le goût amer. Le 31 mai 2024, EDF débourse 1,2 milliard de dollars pour reprendre les turbines Arabelle à General Electric. Celles-là mêmes que la France avait bradées dix ans plus tôt. Une opération vendue à l’Élysée comme un acte de souveraineté. En réalité, c’est un aveu. Celui d’une erreur politique majeure.
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Macron, le feu vert qui coûte cher
Retour en 2014. Emmanuel Macron vient de s’installer à Bercy. À peine nommé ministre de l’Économie, il se voit confronté à un dossier explosif : la vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric. Arnaud Montebourg, son prédécesseur, avait dégainé un décret pour protéger les actifs stratégiques. Macron, lui, ouvre la porte. Le deal passe. GE rachète les turbines Arabelle, utilisées dans nos centrales nucléaires et nos sous-marins. La France perd la main sur un savoir-faire critique. Montebourg parle de trahison. L’ancien patron d’Elf, Loïk Le Floch-Prigent, dénonce l’amateurisme et la naïveté.
Les faits donnent raison aux sceptiques. GE promettait 1 000 emplois nets. Il en détruira. La pénalité est ridicule : 50 millions d’euros. À l’Assemblée, une commission d’enquête conclut à un abandon des intérêts nationaux. Mais le mal est fait. Les turbines stratégiques tournent désormais sous pavillon américain.
Dix ans plus tard, l’État repasse à la caisse
En 2024, le pouvoir tente de recoller les morceaux. EDF paye cash pour récupérer ce qui appartenait déjà à la France. Trop tard. Trop cher. Le rachat ne redonne pas toutes les prérogatives perdues. Les contrats, les brevets, les dépendances industrielles ont changé de mains. L’État reprend une partie des actifs. Il ne remonte pas le temps.
Et le dossier ne se referme pas. Le politique rejoint le judiciaire. Olivier Marleix, président de la commission d’enquête, parle de scandale d’État. Il saisit la justice. Une première instruction sur la corruption d’Alstom à l’étranger se solde par un non-lieu. Une autre est toujours en cours. Elle vise les conditions de la vente de 2014. Et le rôle d’Emmanuel Macron. Le Parquet national financier creuse. Une donation suspecte, une campagne présidentielle, des noms qui reviennent.
En haut de l’affiche, un homme. Emmanuel Macron.


