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Avec 356 personnes exécutées en 2025, l’Arabie saoudite établit un nouveau record annuel, selon un décompte de l’AFP fondé sur les chiffres officiels du gouvernement. Le royaume confirme ainsi sa place parmi les pays recourant le plus massivement à la peine de mort.
La monarchie du Golfe applique la peine capitale à un rythme soutenu, dans un contexte de durcissement sécuritaire engagé depuis plusieurs années. Cette politique s’inscrit dans une approche répressive assumée, notamment depuis le lancement d’une vaste campagne de lutte contre la drogue en 2023.
Les condamnations liées à la drogue en première ligne
Sur les 356 exécutions recensées en 2025, 243 concernent des affaires de stupéfiants. Après un moratoire d’environ trois ans, les autorités ont repris ces mises à mort, faisant des infractions liées à la drogue le principal moteur de l’augmentation du nombre d’exécutions.
Selon l’Organisation euro-saoudienne pour les droits humains, c’est la première fois que le royaume exécute davantage d’étrangers que de ressortissants saoudiens sur une année civile. Une évolution marquante, qui intervient alors que les campagnes de répression ciblent particulièrement les réseaux de trafic impliquant des travailleurs migrants.
Les ONG dénoncent un fossé entre discours et réalité
Pour les défenseurs des droits humains, ces chiffres contredisent frontalement le discours réformiste porté par le pouvoir saoudien. Duaa Dhainy, chercheuse à l’ESOHR, estime que ces exécutions démontrent l’absence de valeur des promesses de réformes en matière de droits humains et constituent un message d’intimidation adressé à l’ensemble de la société.
Les autorités saoudiennes défendent l’usage de la peine capitale, qu’elles jugent indispensable au maintien de l’ordre public. Elles affirment que chaque condamnation intervient après l’épuisement de l’ensemble des voies de recours judiciaires prévues par la loi.
Selon Amnesty International, l’Arabie saoudite figurait déjà en 2024 parmi les pays ayant procédé au plus grand nombre d’exécutions, derrière la Chine et l’Iran. L’augmentation constatée en 2025 renforce la position du royaume comme l’un des États les plus actifs au monde en matière de peine capitale.


