Révolte en Iran : la population défie le régime

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Depuis quarante-huit heures, l’Iran est secoué par une vague de manifestations d’ampleur. Partie de Téhéran, la contestation s’est rapidement étendue aux grandes villes. Dans les rues, des slogans explicites : « Mort au dictateur », « Ni Gaza ni Liban, ma vie pour l’Iran », « Femme, vie, liberté ». Un rejet frontal du pouvoir, porté par une population étranglée économiquement, lassée politiquement.

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Une inflation explosive, un État à bout de souffle

À l’origine : l’explosion des prix. L’inflation dépasse les 50 % sur un an, avec des hausses vertigineuses sur les produits de première nécessité — +150 % pour le riz, +255 % pour les haricots. Le rial s’effondre, un dollar s’échange à 1,4 million sur le marché noir. Le pays, sous sanctions, ne vend plus assez de pétrole, n’attire plus de capitaux, n’accède plus aux circuits bancaires internationaux.

Le quotidien devient intenable. Les pénuries de médicaments se multiplient. Coupures d’eau, délestages électriques, écoles fermées. L’appareil d’État ne suit plus. Dans les cortèges, les accusations pleuvent : corruption, incompétence, gabegie.

Une mobilisation large, des symboles qui tombent

Ce qui frappe, c’est la diversité du mouvement. Les bazaris, pilier traditionnel du régime, ont ouvert la marche. Classes moyennes, ouvriers, étudiants ont suivi. À Téhéran, à Ispahan, mais aussi à Qom, Yazd, dans le Lorestan ou le Khorasan. Les cortèges mêlent désormais monarchistes et républicains, un attelage improbable, signe d’une colère transversale.

Sur les réseaux sociaux, les vidéos de manifestants affrontant les forces de l’ordre se multiplient. Les autorités, elles, restent silencieuses sur le bilan des heurts.

Le régime vacille. Politiquement, il semble paralysé. L’économique le rattrape. Pour la chercheuse Sanam Vakil (Chatham House), seule une levée des sanctions pourrait desserrer l’étau. Mais le pouvoir refuse d’y toucher, arc-bouté sur son programme nucléaire.

Le président Massoud Pezeshkian a bien lancé un appel à « écouter les revendications légitimes ». Il a aussi remplacé le gouverneur de la Banque centrale. Mais personne n’y voit autre chose qu’un geste cosmétique.

Le spectre de la répression

Le régime garde les moyens de frapper. Il l’a montré en 2009, en 2017, en 2022. Cette année, 1.500 exécutions ont été recensées, pour des motifs très variés. Mardi, la police anti-émeute quadrillait déjà les grandes avenues de la capitale.



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