Airbus va plancher sur de nouveaux avions espions pour l’Espagne

L’Espagne confie à Airbus et Indra la relance de sa capacité de renseignement électronique aéroporté.

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Le ministère espagnol de la Défense a confié à Airbus Defence and Space et à Indra la définition d’un futur système de renseignement électronique aéroporté. Une première brique du programme Santiago, doté de 300 millions d’euros, censé reconstruire une capacité stratégique disparue.

Une capacité perdue, une ambition retrouvée

L’armée de l’air espagnole ne dispose plus d’avion de guerre électronique digne de ce nom depuis le retrait de deux appareils : un Falcon 20 et le Boeing 707 surnommé « La Reina del Espectro ». Le projet de remplacement, un Gulfstream G550 envisagé en 2015, avait fini dans les cartons pour cause de restrictions budgétaires.

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Huit ans plus tard, les équilibres géopolitiques ont changé. La pression opérationnelle aussi. Madrid relance alors le programme Santiago. Objectif : doter les forces espagnoles de moyens modernes de renseignement électromagnétique, sur terre, sur mer, et dans les airs. Le projet confié à Airbus et Indra concerne la composante aérienne. Le contrat, signé le 29 décembre, prévoit une étude de 18 mois, financée à hauteur de 16 millions d’euros.

Trois avions à concevoir, capteurs à intégrer

La mission est claire : définir une solution technique complète pour équiper une flotte de trois aéronefs. Les industriels devront identifier la plateforme la plus adaptée et concevoir l’architecture de capteurs nécessaires à l’écoute électromagnétique – détection, classification et identification des émissions.

Indra, déjà engagé sur le créneau avec des systèmes embarqués sur des jets comme le Challenger 350, pilotera l’intégration des capacités ELINT (Electronic Intelligence) et COMINT (Communication Intelligence). L’architecture devra permettre une interopérabilité avec les partenaires européens, tout en répondant aux exigences nationales.

Airbus Defence and Space mettra à profit son expertise dans la transformation d’avions civils en plateformes militaires. L’exemple du ravitailleur A330 MRTT, converti sur le site de Getafe, fait foi. L’industriel revendique une maîtrise éprouvée de l’intégration de capteurs complexes et de systèmes de mission.

Indra apporte son savoir-faire en guerre électronique et dans le développement de solutions techniques sur mesure pour les forces espagnoles. L’entreprise est déjà à la manœuvre sur d’autres volets du programme Santiago.

Cette étude conceptuelle n’est qu’un premier jalon. Si les travaux sont validés, viendra ensuite la phase de modification des appareils et d’intégration des systèmes. Une montée en puissance progressive, censée redonner à l’Espagne une capacité souveraine de renseignement électronique aéroporté.



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