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Ferrari attaque 2026 sous tension. Après un exercice 2025 terne sur les circuits comme en Bourse, la marque au cheval cabré se retrouve face à ses promesses.
Zéro victoire en Formule 1, quatrième place au championnat constructeurs. À Maranello, le moteur a tourné à vide. Côté marchés, même constat. Le titre Ferrari a plongé de près de 23 % sur l’année, alors que le luxe a plutôt tenu bon, et que les grands noms de l’auto de sport – Porsche en tête – ont résisté. Pour un actif considéré plus proche d’Hermès que de Stellantis, la gifle est rude.
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La magie du luxe ne suffit plus
Ferrari reste une énigme pour les marchés. L’entreprise vend moins de 15 000 véhicules par an, mais affiche des marges dignes de la haute couture. Une clientèle ultra-solvable, une production au compte-gouttes, une image intacte : tout plaidait pour une résilience. Mais le vernis craque. À force de prudence dans les annonces, la direction a réveillé les doutes.
L’onde de choc a eu lieu à domicile. Le 8 octobre, lors de la journée investisseurs organisée à Maranello, la direction a dévoilé ses objectifs pour 2030. Chiffres prudents, trajectoire modeste. Le marché attendait une accélération, il a eu une glissade : chute immédiate du titre. L’écart entre les promesses du storytelling et la réalité des chiffres s’est creusé.
L’effet F80 repoussé dans le temps
L’hypercar F80 aurait pu corriger le tir. Produit rare – 799 exemplaires – et extrêmement rentable, le modèle incarne l’ADN Ferrari. Mais les livraisons, étalées jusqu’en 2028, diluent l’impact sur les comptes. En 2026, l’effet restera marginal. Une stratégie de long terme, cohérente avec la politique de rareté, mais déceptive à court terme.
Le tableau n’est pas plus flatteur côté marges. Les analystes pointent une accumulation de charges : investissements lourds dans l’électrification, hausse des dépenses de R&D, impact des taux de change. À cela s’ajoutent les coûts de lancement des nouveaux modèles. L’effet volume ne compensera pas immédiatement. Le redressement est repoussé à la seconde partie de l’année.
Une valorisation qui redevient intéressante
Pour certains, la baisse du titre rebat les cartes. Ferrari revient sur des niveaux de valorisation jugés plus raisonnables. Le carnet de commandes reste bien rempli, la clientèle fidèle, les prix fermes. Et la marque continue de maîtriser ses volumes – un point clé pour préserver son statut dans le haut du panier du luxe.
Ferrari entre dans une année de clarification. Le marché veut des résultats, pas du rêve. La marque devra démontrer que sa mécanique économique tourne encore à plein régime, malgré l’usure du discours. Pour retrouver son aura boursière, il lui faudra transformer le storytelling en trajectoire.


