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La série Un Prophète s’installe déjà au centre du jeu audiovisuel français pour 2026. Canal+ tient là l’un de ses paris les plus visibles, dans une grille marquée à la fois par le retour de Baron Noir et l’arrivée de la saison 2 de B.R.I.. L’annonce de cette adaptation télévisée du film de Jacques Audiard, sorti en 2009, a immédiatement retenu l’attention, tant le long métrage original occupe une place singulière dans le cinéma français contemporain.
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Huit épisodes pour prolonger le choc original
L’ambition est claire. Huit épisodes de 52 minutes prolongent l’univers d’Un Prophète, film devenu une référence, récompensé à Cannes et aux César. La série assume cet héritage tout en cherchant à s’imposer comme une création autonome, pensée pour le format long et inscrite parmi les productions majeures annoncées par Canal+ pour 2026.
Avant même sa diffusion, le projet a bénéficié d’une exposition internationale inhabituelle pour une série française. Un Prophète a été présenté en avant-première mondiale hors compétition lors de la Mostra de Venise, le 30 août 2025. Sa diffusion a ensuite été confirmée pour le printemps 2026 lors de la présentation officielle de Canal+ à l’Olympia, le 16 décembre 2025. Cette chronologie, entre festival de prestige et communication industrielle maîtrisée, a contribué à installer durablement la série dans le paysage audiovisuel.
Marseille, la prison et la loi des clans
Le récit s’éloigne du cadre strict du film pour se déployer dans le Marseille actuel. Tout commence par l’effondrement d’un immeuble, dont Malik, jeune Comorien arrêté pour possession de drogue, est l’unique survivant. Incarcéré à la prison des Baumettes, il se retrouve au cœur d’une guerre des clans. Il passe sous l’influence de Massoud, promoteur immobilier aux activités troubles, qui lui offre sa protection en échange d’une loyauté sans faille. Le décor carcéral demeure central, mais il est réinscrit dans des rapports de force contemporains, économiques et criminels.
L’adaptation est confiée à Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit, déjà coauteurs du scénario du film avec Jacques Audiard et Thomas Bidegain. La réalisation revient à Enrico Maria Artale. La production est assurée par Marco Cherqui, associé à Sébastien Janin. Le tournage s’est déroulé entre juillet et octobre 2024, principalement à Marseille et dans les Pouilles, avec une reconstitution de l’univers carcéral réalisée hors des Baumettes, alors en travaux.
Mamadou Sidibé reprend le rôle de Malik El Djebena, succédant à Tahar Rahim. Il donne la réplique à Sami Bouajila, qui incarne Massoud Djebbari, entouré notamment d’Ouassini Embarek, Salim Kechiouche et Moussa Maaskri. Le budget avoisine deux millions d’euros par épisode. Présentée à Venise devant plusieurs salles combles, la série a bénéficié d’un accueil chaleureux et a déjà donné lieu à des ventes internationales, tandis qu’une seconde saison est envisagée, sans confirmation à ce stade.


