SMIC : à combien s’élève le salaire minimum à Madagascar en 2026 ?

À Madagascar, le salaire minimum légal stagne à 50€, accentuant la précarité dans un pays déjà très pauvre.

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Madagascar entre dans l’année 2026 avec un salaire minimum figé, dans une économie qui s’enfonce dans la précarité. Malgré l’inflation persistante, aucune revalorisation n’est prévue. Le gouvernement temporise, les entreprises s’inquiètent, les salariés encaissent.

Le salaire minimum d’embauche reste fixé à 262 680 ariary par mois dans le secteur privé non agricole (50,60 €). Dans le secteur agricole, il est maintenu à 266 500 ariary (51,35 €). Ces montants n’ont pas bougé depuis la revalorisation de mars 2024, pourtant déjà insuffisante pour rattraper l’inflation cumulée.

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Les discussions tripartites entre l’État, les employeurs et les syndicats n’ont rien donné de concret. Aucun décret, aucune annonce, aucun signal. Pendant ce temps, le secteur privé réclame des allègements fiscaux, sans succès. La priorité du gouvernement est ailleurs.

La fonction publique sort du gel salarial

La fonction publique, elle, s’offre une hausse de 14 % à partir de janvier. Les salaires des agents publics passeront ainsi à une masse globale de 4 852,76 milliards d’ariary (936,25 millions €), en hausse de 26 % par rapport à 2025. Trois années de gel débloquées d’un coup, alors que le secteur privé reste sous tension. Deux vitesses, deux réalités.

L’inflation mord dans les salaires les plus bas

L’inflation a atteint 7,8 % en 2024, et 7,5 % en septembre 2025. Pour 2026, la Banque centrale anticipe 6,3 %, au-dessus de sa cible de 5 %. Les prix alimentaires restent le moteur principal de la hausse. Le riz, denrée de base, a pris 4,3 % sur un an. Il pèse à lui seul près de 18 % de l’indice des prix. L’ensemble des produits alimentaires représente plus de 52,9 % du panier de consommation.

La dépréciation de l’ariary depuis 2020, les aléas climatiques, les ruptures d’approvisionnement : tous les ingrédients sont réunis pour une inflation durable. Et le SMIG, lui, n’est pas indexé. Résultat : ceux qui touchent le minimum légal perdent en pouvoir d’achat, mois après mois.

Un SMIC théorique dans l’économie informelle

Dans les faits, peu de salariés touchent réellement le salaire minimum. Le salaire net moyen s’élève à 196 359 ariary mensuels (37,87 €), le médian à 108 250 ariary (20,88 €) – tous deux en dessous du seuil légal. Les contrôles sont rares, les infractions peu sanctionnées. Le ministère du Travail s’en remet souvent aux dénonciations individuelles. Les entreprises, notamment les plus petites, contournent facilement la règle. Coupures d’électricité, coûts d’importation en hausse, marges comprimées : elles ont d’autres urgences.

Le dispositif « Tosika », qui complétait les rémunérations dans le secteur privé, a été supprimé en 2023. Il n’a jamais été remplacé. Depuis, la revalorisation des bas salaires repose entièrement sur les employeurs. Dans un contexte de consolidation budgétaire, le soutien de l’État est inexistant.

La pauvreté s’installe dans les foyers malgaches

Derrière les chiffres, une réalité brutale. Selon la révision du seuil international de pauvreté de juin 2025, 90 % des Malgaches vivent avec moins de 1,83 € par jour. Cela représente 28,8 millions de personnes sur 31,96 millions d’habitants. Les méthodologies précédentes donnaient des estimations légèrement inférieures, entre 70 % et 80,7 %.

Un salarié payé au SMIG gagne environ 1,69 € par jour au taux de change actuel. À peine au-dessus du seuil de pauvreté. Le salaire minimum ne protège plus : il expose. Dans un pays où l’économie informelle reste dominante, il devient un chiffre de référence sans incidence réelle.

Vers de nouvelles tensions sociales en 2026 ?

Le budget 2026 mise sur la réduction progressive des subventions aux carburants d’ici avril. Une mesure attendue pour redresser les comptes publics, mais à fort risque inflationniste. Les plus modestes seront les premiers touchés, dans un système sans amortisseur.

Dans ce contexte, le maintien du SMIG à son niveau actuel n’est pas une politique : c’est une absence de politique. Une ligne statique dans un pays en mouvement, mais dans le mauvais sens.



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