SMIC : à combien s’élève le salaire minimum en Chine en 2026 ?

Aucun salaire minimum national en Chine : chaque province fixe ses seuils, créant une mosaïque salariale complexe.

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En Chine, le salaire minimum n’est ni national ni homogène. Il varie selon les provinces, les municipalités et, à l’intérieur même de ces territoires, selon des classifications économiques locales. Cette architecture éclatée façonne des écarts de revenus considérables et pèse directement sur le niveau de vie réel des salariés concernés.

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Pourquoi le salaire minimum chinois n’est pas un chiffre unique

La Chine ne s’est jamais dotée d’un salaire minimum national unifié. Chaque province, région autonome ou grande municipalité fixe ses propres seuils en fonction de son niveau de développement, du coût de la vie et de ses priorités économiques. Les autorités distinguent un montant mensuel pour les salariés à temps plein et un taux horaire pour les travailleurs à temps partiel. Le résultat est une mosaïque de références salariales, si fragmentée qu’une moyenne nationale perd l’essentiel de sa signification.

Où se situent les niveaux les plus élevés ?

En 2025, les montants les plus élevés se concentraient dans les grandes métropoles et sur le littoral. Shanghai affiche le salaire minimum mensuel le plus élevé du pays, à 2 740 yuans depuis le 1er juillet 2025. Pékin détient le taux horaire le plus haut, à 27,7 yuans, depuis septembre 2025, pour un salaire mensuel fixé à 2 540 yuans. Shenzhen, Guangzhou, Tianjin et Hangzhou suivent de près, avec des seuils compris entre 2 490 et 2 520 yuans par mois.

À l’issue des révisions menées en 2025, 31 régions administratives dépassent désormais le seuil de 2 000 yuans mensuels, après des ajustements intervenus entre janvier et novembre dans 28 régions.

À l’opposé, plusieurs provinces de l’intérieur restent nettement en retrait. Le Liaoning applique un minimum mensuel de 1 930 yuans en classe C depuis décembre 2025. Le Jiangxi s’établit à 1 740 yuans dans la même catégorie, tandis que Hainan atteint 1 850 yuans en classe B. En 2025, l’écart entre les salaires minimums les plus bas et les plus élevés dépasse 60 %, illustrant la fracture persistante entre littoral industrialisé et régions intérieures.

Ce que les projections dessinent pour 2026

À l’intérieur d’une même province, les seuils varient selon la classification économique des zones, généralement réparties en catégories A à D. Dans l’Anhui, la classe A incluant Hefei atteint 2 320 yuans, contre 2 000 yuans en classe D. Le Sichuan affiche 2 330 yuans à Chengdu en classe A et 2 200 yuans dans ses zones de classe B. Dans le Xinjiang, les montants s’échelonnent de 2 070 yuans en classe A à 1 750 yuans en classe C.

Pour 2026, les projections de Trading Economics situent le salaire minimum mensuel autour de 2 650 à 2 690 yuans dans les régions de référence. Ces estimations suggèrent une stabilisation ou une hausse modérée par rapport à 2025. Les orientations économiques arrêtées lors de la Central Economic Work Conference de décembre 2025 mettent l’accent sur la relance de la demande intérieure, laissant entrevoir la poursuite de revalorisations graduelles, sans rupture ni plan de relance massif.

Le salaire annuel moyen urbain atteignait 124 110 yuans dans le secteur non privé en 2024, contre 69 476 yuans dans le secteur privé. En 2025, le salaire moyen national s’établit autour de 106 837 yuans annuels, soit environ 8 900 yuans par mois. Dans les grandes villes, les salaires minimums les plus élevés ne représentent que 21 % à 27 % de ce niveau moyen. Dans certaines provinces de l’intérieur, cette proportion dépasse 35 %, signe d’une compression salariale plus marquée.

L’application du salaire minimum reste inégale, en particulier dans le secteur informel, les petites entreprises et parmi les travailleurs migrants. En 2023, leur salaire mensuel moyen s’élevait à environ 4 800 yuans, contre 8 200 yuans pour le salaire brut moyen, dans un contexte d’accès limité aux protections sociales et de contraintes liées au système de hukou.

Dans les grandes métropoles, le coût de la vie dépasse largement le plancher légal. À Pékin, une personne seule dépense entre 10 000 et 15 000 yuans par mois en 2025. À Shanghai, les budgets mensuels varient de 7 000 à 9 500 yuans pour un mode de vie économe, et peuvent atteindre 15 000 à 20 000 yuans pour un niveau de confort plus élevé. Les loyers d’un appartement d’une chambre en centre-ville oscillent entre 8 000 et 15 000 yuans à Pékin et autour de 9 000 yuans à Shanghai. Le salaire minimum y couvre une part limitée des dépenses mensuelles et s’apparente davantage à un seuil réglementaire qu’à un revenu viable.

Dans les provinces de l’intérieur, où les salaires minimums se situent entre 1 700 et 2 000 yuans, le coût de la vie est plus faible. Les estimations nationales placent les dépenses mensuelles d’une personne seule entre 3 700 et 10 000 yuans selon la localisation. Ce niveau permet parfois d’approcher un revenu de subsistance, sans garantir un confort réel. Le décalage demeure structurel, à l’image des disparités territoriales qui traversent l’économie chinoise.



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1 commentaires sur « SMIC : à combien s’élève le salaire minimum en Chine en 2026 ? »

  1. La France est un pays de nantis pour certains comme les salariés de EDF SNCF sud rail etc le reste du pays c’est la pauvreté, le gouvernement a instauré 252 formes de taxes des taxes sur des taxes toujours des taxes pour enrichir ceux qui ont du mal en sortir c’est-à-dire les riches. Il faut virer tous ceux qui nous gouvernent et remettre le système à plat. Les voyous du gouvernement

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