SMIC : à combien s’élève le salaire minimum en Arabie Saoudite en 2026 ?

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Combien gagne-t-on au minimum en Arabie saoudite en 2026 ? La réponse tient moins en un chiffre qu’en une cartographie du marché du travail local. Le royaume n’a jamais instauré de salaire minimum universel. Il préfère une logique de seuils différenciés, indexés sur la nationalité des travailleurs et le type d’activité. Une architecture duale, consolidée par le programme Nitaqat, qui continue de dessiner un marché cloisonné. En toile de fond, l’inflation reste modérée, mais pèse de plus en plus sur le logement.

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Des seuils qui varient selon la profession

La grille salariale saoudienne repose avant tout sur des objectifs politiques. Le programme Nitaqat, destiné à augmenter l’emploi des nationaux dans le privé, fixe un seuil à 4 000 riyals par mois (environ 905,41 euros) pour qu’un travailleur saoudien soit pleinement comptabilisé dans les quotas de saoudisation. En dessous de ce niveau – mais au-dessus de 3 000 riyals – l’entreprise n’obtient qu’une reconnaissance partielle. Ce dispositif, révisé en 2025, reste le socle du minimum salarial dans le secteur privé… pour les Saoudiens.

La logique sectorielle ajoute une couche supplémentaire. Des seuils plus élevés ont été imposés dans certaines professions. Depuis le second semestre 2025, un ingénieur ou un technicien doit toucher 5 000 riyals pour être pris en compte dans les quotas. Les comptables, eux, doivent percevoir au moins 6 000 riyals. Les dentistes atteignent le plafond : 9 000 riyals par mois. Ce ne sont pas des minima légaux au sens strict, mais des seuils réglementaires avec effets concrets pour l’employeur.

Les travailleurs étrangers hors du cadre minimum

Les travailleurs étrangers, qui composent une large part de la population active, ne bénéficient d’aucun salaire minimum généralisé. Leur rémunération relève d’accords contractuels, parfois encadrés par des conventions bilatérales. Mais aucun plancher n’est imposé par la loi saoudienne en 2026.

Une évolution touche cependant les employés domestiques, souvent en bas de l’échelle salariale. Depuis le 1er janvier 2026, leurs salaires doivent impérativement être versés via la plateforme numérique Musaned, qui permet de tracer les paiements. Cette mesure vise à limiter les abus, sans toutefois fixer un montant minimal.

Inflation faible mais loyers en forte hausse

En novembre 2025, l’inflation annuelle atteint 1,9 %. Un niveau contenu, en ralentissement par rapport aux mois d’été. Mais cette stabilité masque de fortes disparités selon les postes de dépense. Le logement, en particulier, voit ses prix s’envoler. En août 2025, les loyers progressaient de 7,6 % sur un an, tirés par la tension à Riyad où la demande dépasse l’offre de logements de qualité. Les services publics et les carburants suivent, avec une hausse de 5,8 %. L’alimentation reste stable, l’habillement recule.

Les écarts géographiques renforcent ces disparités. Riyad est nettement plus chère que Djeddah, où les loyers peuvent être inférieurs de 45 %. Pour un célibataire expatrié à Riyad, il faut compter entre 6 000 et 10 000 riyals par mois pour vivre confortablement. Pour une famille de quatre personnes, la fourchette s’étire de 12 000 à 20 000 riyals. Le logement, encore et toujours, fait la différence.



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