SMIC : à combien s’élève le salaire minimum à Monaco en 2026 ?

À Monaco, le SMIC reste fixé à 11,88 € brut/heure en 2026, sans hausse prévue, malgré un coût de la vie toujours plus élevé.

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Aucun coup de pouce. Le salaire minimum monégasque reste fixé à 11,88 euros brut de l’heure, comme depuis novembre 2024. Pas de revalorisation annoncée pour le 1er janvier 2026. La Principauté maintient sa ligne : alignement sur le taux horaire français, mais avec une durée hebdomadaire du travail plus longue – 39 heures contre 35. Résultat : un SMIC mensuel brut à 2 031,38 euros pour un temps plein, soit 463,32 euros par semaine.

Le dispositif reste strictement encadré. Les moins de 18 ans perçoivent des montants moindres : 10,82 euros de l’heure pour les 17-18 ans, 9,62 euros pour les 16-17 ans. Tous bénéficient d’une indemnité exceptionnelle de 5 %, obligatoire et non soumise à cotisations. Elle vient compléter le salaire brut, sans alourdir les charges.

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Un différentiel net qui favorise les salariés

Comparé à la France, le SMIC de Monaco semble plus généreux sur le papier. En janvier 2026, le minimum légal français atteint 1 823,03 euros brut pour 35 heures, avec un taux horaire légèrement supérieur à celui de Monaco : 12,02 euros contre 11,88. Mais le volume horaire fait la différence. À temps plein, le salarié monégasque gagne plus, simplement parce qu’il travaille plus.

Côté net, le différentiel se creuse davantage. À Monaco, les prélèvements sont plus légers : environ 1 750 à 1 850 euros nets mensuels, contre des charges salariales autour de 22 à 23 % en France. Un gain immédiat sur la fiche de paie. Un pouvoir d’achat renforcé – en apparence.

Des écarts de revenus très marqués selon les secteurs

Le salaire minimum n’est qu’un point de repère. Dans les faits, les rémunérations sont très dispersées. En 2025, le salaire médian dans le privé dépasse 3 500 euros, en progression de 2,6 % sur un an. Mais cette moyenne masque de forts contrastes.

Les 10 % de salariés les moins bien payés touchent moins de 2 302 euros bruts par mois. Les 10 % du haut dépassent 7 505 euros. Le privé monégasque vit à deux vitesses. Les services financiers et les assurances occupent le haut du classement, suivis par l’information-communication et le commerce de gros. À l’opposé, la recherche, l’immobilier et le commerce de détail restent en bas de l’échelle.

Se loger à Monaco : mission impossible au SMIC

Le talon d’Achille reste le logement. Les prix atteignent des niveaux extrêmes. En 2025, le mètre carré dépasse les 60 000 euros en moyenne. Dans certains quartiers comme le Larvotto, il grimpe au-delà des 97 000 euros. Pour la location, un studio coûte entre 3 500 et 6 000 euros par mois. Hors de portée pour un salarié payé au minimum légal.

La grande majorité des travailleurs vivent donc hors de Monaco. Alpes-Maritimes, Ligurie : le flux quotidien des frontaliers est massif. Ils échappent aux loyers monégasques, mais supportent les trajets.

Avantages sociaux, mais arbitrages inévitables

La vie quotidienne reste coûteuse. Restauration, énergie, transports, scolarité : les prix sont supérieurs à ceux observés en France. Seules exceptions : les transports publics, abordables, parfois gratuits lors de grands événements. Mais les frais liés aux enfants (crèche, école internationale) peuvent rapidement devenir prohibitifs.

En face, la Principauté déploie ses atouts. Pas d’impôt sur le revenu. Des cotisations sociales allégées. Des prestations familiales versées dès le premier enfant. Une couverture santé assurée par les employeurs. Ces mécanismes améliorent le revenu disponible. Mais pour un salarié payé au SMIC, ils ne suffisent pas à compenser un niveau de vie inaccessible en Principauté. Le système fonctionne, à condition de vivre ailleurs.



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1 commentaires sur « SMIC : à combien s’élève le salaire minimum à Monaco en 2026 ? »

  1. Faux concernant l’absence d’impôts sur le revenu. je travaille à Monaco et vivant en France je paie l’impôt sur le revenu.
    Cela aurait été également le cas si je vivais et travaillais à Monaco car les résidents Monaco de nationalité française sont soumis à l’impôt sur le revenu à l’inverse des autres nationalités.
    Il s’agit là d’un accord entre la France et Monaco qui date de l’époque du général De Gaulle si je ne me trompe pas.

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1 commentaires