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Depuis ce 1er janvier 2026, le salaire minimum brut en Pologne atteint 4 806 zlotys, soit environ 1 123 à 1 135 euros, selon les fluctuations du taux de change. Cette revalorisation intervient six mois après celle de juillet 2025, où le salaire minimum s’élevait à 4 666 zlotys bruts. L’augmentation représente 140 zlotys supplémentaires, soit une progression de 3 % sur la période.
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Le salaire minimum horaire brut passe à 31,40 zlotys, contre 30,50 zlotys l’an dernier. Ce seuil s’applique notamment aux contrats civils – umowa zlecenia ou umowa o świadczenie usług.
Depuis 2010, où le minimum légal plafonnait à 1 300 zlotys bruts, la progression est nette : le montant a plus que triplé en 16 ans. La dynamique de rattrapage polonaise, toujours en cours, tire vers le haut les bas salaires, sur fond de croissance économique soutenue.
Un salaire net rogné par les prélèvements
Après cotisations sociales et impôt sur le revenu, le salaire minimum net atteint environ 3 615 zlotys, soit 845 à 860 euros.
Le système polonais continue d’imposer une charge globale de 34 % du salaire brut, répartie entre l’employé (16 %) et l’employeur (18 %). Plus d’un quart du salaire est ainsi prélevé à la source. L’assurance maladie à elle seule absorbe 9 % du revenu brut du salarié.
Le net perçu reste donc sensiblement inférieur au brut, malgré les revalorisations successives. Le gain réel dépend aussi de la fiscalité locale, des crédits d’impôts disponibles et du statut du contrat.
Trois millions de salariés au seuil légal
En ce début d’année, environ 3,1 millions de Polonais sont concernés par le salaire minimum. Celui-ci représente aujourd’hui près de 55 % du salaire moyen brut national.
Dans le secteur des entreprises, le salaire moyen brut s’élevait à 8 771,70 zlotys au 3ᵉ trimestre 2025, dernier chiffre disponible. À titre de comparaison, le salaire moyen brut estimé début 2026 devrait dépasser les 8 850 zlotys, sous réserve de confirmation.
Le marché du travail reste tendu : 5,6 % de chômage national mesuré à l’automne 2025, un taux harmonisé de 3 % en données Eurostat. Le plein emploi structurel est une réalité dans plusieurs régions industrielles du pays.
Un coût de la vie encore favorable, mais sous pression
Le niveau de vie en Pologne demeure inférieur à celui de l’Europe occidentale, mais l’écart se réduit. Le coût moyen reste 29 % inférieur à celui observé en France, selon les derniers relevés disponibles.
Les loyers, en revanche, grimpent. À Varsovie, un appartement une chambre en centre-ville coûte entre 700 et 1 050 euros par mois. Un trois-pièces s’affiche entre 1 150 et 1 200 euros. À Cracovie, les loyers vont de 2 500 à 3 700 zlotys pour un logement une chambre dans le centre.
Les dépenses alimentaires restent raisonnables : panier mensuel entre 120 et 180 euros, budget moyen individuel de 200 à 250 euros. Les transports publics, subventionnés, limitent l’impact sur les bas revenus : 25 à 28 euros pour un abonnement mensuel à Varsovie, 1,06 euro le ticket 75 minutes.
Autres dépenses type : 260 euros pour énergie et eau, 8,60 euros pour un forfait mobile, 34 euros pour une salle de sport, 6,80 euros pour une place de cinéma.
Dans les grandes villes, le budget mensuel d’une personne seule varie entre 1 150 et 1 450 euros. En zones rurales ou petites agglomérations, on reste autour de 850 à 1 050 euros.
L’inflation, maîtrisée, poursuit sa décrue : 2,5 % en novembre 2025, après avoir culminé à 18,4 % début 2023. Le pouvoir d’achat progresse lentement, mais le différentiel structurel avec les pays d’Europe de l’Ouest reste marqué.


