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La rémunération des opticiens salariés s’inscrit dans un cadre conventionnel révisé en janvier 2024. La nouvelle grille de la convention collective nationale de l’optique-lunetterie de détail repose désormais sur des niveaux de classification de A à K et s’applique aux 44 238 opticiens recensés au 1er janvier 2024. Pour un titulaire du BTS Opticien-Lunetier, le salaire minimum brut mensuel débute à 1 935 euros au niveau A et peut atteindre 3 700 euros au niveau K, sur la base de 151,67 heures mensuelles.
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Dans les faits, les débuts de carrière se situent le plus souvent entre 1 800 et 2 200 euros brut par mois, selon la région et la structure employeuse. Après quelques années d’expérience, les rémunérations progressent vers une fourchette comprise entre 2 500 et 3 200 euros brut mensuel. À l’échelle nationale, le salaire moyen annuel s’établit à 29 851 euros, soit environ 2 115 euros net par mois. Ces niveaux replacent la profession parmi les métiers de santé intermédiaires, loin des revenus des pharmaciens ou des médecins généralistes, mais également en retrait par rapport à d’autres professions paramédicales.
Fonctions techniques ou managériales
L’accès à des fonctions d’encadrement ou à des compétences spécialisées modifie sensiblement la trajectoire salariale. Un responsable de magasin d’optique débutant perçoit entre 2 500 et 3 000 euros brut mensuel. Avec l’expérience, notamment dans des points de vente à fort chiffre d’affaires situés en zone urbaine, la rémunération peut atteindre 4 000 à 5 000 euros brut par mois, pour un salaire médian de 2 650 euros brut.
Les spécialisations techniques offrent également des perspectives supérieures à la moyenne. Les optométristes débutent autour de 2 500 euros brut mensuel et peuvent évoluer jusqu’à 4 000 euros brut, notamment lorsqu’ils exercent au sein de cabinets d’ophtalmologie. Les responsables en réfraction affichent un salaire médian de 3 000 euros brut, avec des niveaux compris entre 4 000 et 5 000 euros brut en exercice libéral. Les contactologues perçoivent en moyenne 2 600 euros brut mensuel, avec des fins de carrière autour de 4 000 euros brut ou davantage hors salariat. Les spécialistes de la basse vision gagnent entre 2 500 et 3 000 euros brut comme salariés et jusqu’à 5 000 euros brut en libéral. Les profils cumulant optique et audioprothèse atteignent des rémunérations comprises entre 3 000 et 6 000 euros brut mensuel.
Primes d’ancienneté et bonus à la performance
La branche prévoit des mécanismes complémentaires destinés à fidéliser les salariés. Une prime d’ancienneté est accordée aux non-cadres sur la base des salaires minima conventionnels. Elle atteint 3 % après trois ans de présence, puis progresse par paliers jusqu’à 15 % à partir de quinze ans d’ancienneté. Cette prime s’ajoute au salaire et figure distinctement sur le bulletin de paie.
Depuis juin 2024, un accord d’intéressement facultatif permet aux entreprises de mettre en place un dispositif commun à toute la branche. L’enveloppe est déclenchée dès lors que le chiffre d’affaires annuel progresse d’au moins 2 % par rapport à l’année précédente. Les montants distribués varient selon le niveau de croissance du chiffre d’affaires, de 0,5 % à 3 % de la masse salariale, dans la limite de 15 % du résultat d’exploitation.
Revenus des indépendants : haut potentiel, haut risque
L’indépendance ouvre la voie à des revenus plus élevés, mais expose à une forte variabilité. Un opticien propriétaire de son magasin peut dégager entre 4 000 et 10 000 euros net mensuel, voire davantage pour les boutiques les plus performantes. En moyenne, le revenu annuel brut se situe entre 40 000 et 70 000 euros. Après deux à trois ans d’activité, les revenus nets mensuels oscillent généralement entre 3 000 et 6 000 euros, avec un chiffre d’affaires annuel compris entre 200 000 et 500 000 euros selon l’implantation et le positionnement commercial.
Les marges brutes élevées du secteur masquent une rentabilité nette plus modérée. Un équipement optique complet vendu en moyenne 393 euros hors taxes génère une marge brute de 275 euros, mais les charges fixes et variables ramènent la marge nette entre 5,8 % et 7 % du chiffre d’affaires, soit environ 28 euros par paire vendue. Cette rentabilité finale demeure comparable à celle observée dans l’ensemble de l’économie française.
Le poids des grandes enseignes
Les disparités géographiques accentuent les écarts de rémunération. À Paris et dans certaines grandes métropoles, les salaires annuels peuvent atteindre 32 000 euros brut, contre environ 28 000 euros en province. Certaines communes affichent des niveaux supérieurs à la moyenne nationale, tandis que l’écart entre grandes enseignes et petites structures atteint 10 à 15 %.
La profession poursuit sa croissance démographique. La France compte désormais 44 238 opticiens, soit une densité de 65 professionnels pour 100 000 habitants. Majoritairement salariée, la profession se féminise nettement et vieillit progressivement, avec un âge moyen de 37 ans. Le marché de l’optique représente entre 7,6 et 8,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 13 300 magasins, dominé en valeur par les grandes enseignes, malgré une présence majoritaire des indépendants en nombre de points de vente. Le BTS Opticien-Lunetier demeure la formation minimale obligatoire pour exercer, structurant l’accès à un métier à la fois technique, commercial et réglementé.


